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Life is Strange 2
Dans la catégorie Jeux vidéo, publié par Guns le 21 décembre 2019, dernière modification le 21 décembre 2019
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Une suite qui passe à côté de son sujet, dont on attendant vraiment mieux

 

 

2 étoiles

Histoire

 

L'histoire nous plonge dans les affres d'une fratrie américano-mexicaine de Seattle, dont le plus jeune frère se découvre un pouvoir de télékinésie. Mal maîtrisé, dans un contexte malencontreux, ce dernier provoque la mort d'un policier. Débute alors la cavale des frères Diaz, au fil des 5 épisodes de ce Life is Strange 2, Lis2 pour les intimes et les feignasses du clavier.

Critique

 

Il est impossible de parler de Lis2 sans le resituer dans le contexte. Pour rappel, le studio français Dontnod était au bord de la faillite quand il a sorti, aidé de Square Enix, le premier Life is Strange. Petit jeu épisodique, il est devenu une sorte de phénomène au fil des sorties des épisodes, car il abordait des thèmes rares dans le domaine vidéoludique : le mal-être adolescent, l'homosexualité, la dépendance à la drogue, le suicide. Ce jeu qui s'articulait autour d'une enquête sur la disparition d'une fille du lycée, j'en ai parlé longuement ici.

La force de LiS fût de créer un lien émotionnel avec le joueur, qui, sans s'en rendre compte, au fil des épisodes, liait Max et Chloé, et s'identifiait non pas à l'une ou l'autre protagoniste mais au tout qu'elle formait, façonnant la définition de ce tout. Les choix pouvaient sembler léger et sans incidence, mais plus d'un s'est trouvé figé pendant longtemps (certains plusieurs heures) devant un choix final, pure essence du dilemme Corneilien. L'ensemble des choix effectués conduisant à une fin binaire a été un reproche fait aux producteurs par les moins impliqués émotionnellement, ceux restant accroché aux principes de mécanique de jeu, qui se sont senti floués.

Lis2 les a écouté. Et c'est bien dommage. A la fin de Lis, on a eu le droit à un intermède vidéoludique au travers de Lis: Before the Storm, développé par un autre studio pour étoffer (et rentabiliser) la franchise, c'était la première étape d'un fan service dommageable. Cependant, Lis:bts (oui) était un bon jeu, dans la même veine que Lis.

Lis2 reprend ce principe de fan service en nous offrant plusieurs fins, dépendantes pour le coup de l'ensemble des choix principaux fait lors des 5 épisodes. C'est dans l'idée très bien. Problème : pour que cela fonctionne, il faut que le jeu nous hameçonne. Il faut qu'on se sente impliqué dans le destin des frères Diaz.

"Ne bouge pas, surtout ne commence pas le jeu"

Dans le détail, lors du premier épisode, on s'endort en incarnant le grand frère, et on se demande où le jeu risque de nous emmener. En effet à ce moment-là on ne sait pas encore quelle sera la trame du jeu. On comprend rapidement que cette trame sera celle de l'amour fraternel. Le petit frère se découvre un pouvoir, et comme tout gamin de 10 ans, ne sait pas se tenir, c'est à vous, avec cet amour familial inconditionnel, de faire en sort de l'éduquer, de le protéger.

Dès lors débute la fuite, vers ce Mexique de nos racines. Le jeu plonge ici dans un discours politique d'actualité avec la construction du mur voulu par Trump entre les USA et le Méxique, et d'ailleurs nous aurons plusieurs fois le droit à un message politique qui est partie prenante. C'est bien qu'un jeu veuille porter un message, malheureusement là, ça tombe un peu à côté car ...

... on a qu'une envie (en tout cas moi) dès le début : buter cette famille. Le travail d'acteur sur Sean est déplorable (Sean est le grand frère, Daniel le petit frère). Le ton est geignard tout le temps, c'est insupportable. Le petit frère est tellement pénible qu'on a qu'une envie, c'est de le pousser sous un train. On se retrouve à faire du baby-sitting pendant5 épisodes, et le seul sentiment qu'on en ressort c'est de la pénibilité. Avec les situations vécues par les joueurs, il nous devient impossible de nouer une relation avec le duo, qui oscille entre le pathétique et le très bas âge.

Cahin caha

De plus, les phases de jeu sont très très inférieures aux opus précédents, on ne fait pas grand chose, voire rien. Quelques phases interactives viennent peupler l'histoire que l'on subit, et c'est tout. Là où dans Lis on devait de nous-même trouver le temps d'aller se poser pour réfléchir (excellente mécanique de jeu) dans Lis2 on n'en éprouve pas le besoin tant c'est lent et blablateux de base. Je zappe les passages de dessin, c'est assez inintéressant, mais il fallait bien trouver des "collectibles" pour remplacer les polas de Lis.

Par ailleurs, quitte à prendre le parti de faire un jeu qui sort de l'univers du premier, autant l'assumer. Là, le 5eme épisode de Lis2 nous replonge dans le premier, au travers de David. Bien entendu, selon la fin que l'on aura choisie dans le 1, les discussions seront différentes, mais on nage ici en plein fan service inutile.

allo maman, bobo

Au final, j'ai subi ce jeu plus que je n'y ai joué, je suis resté pendant le très longues minutes à attendre que quelque chose d'inutile se produise (par exemple, 2 gamins qui hurlent en faisant le loup). On a tenté de nous faire un compte, mais c'est raté. Je n'ai pas abordé ici les bugs, parce qu'ils sont mineurs, mais il y en a. J'ai plusieurs fois du relancer le jeu parce qu'un mécanisme ne s'était pas activé et était du coup bloquant. Par exemple, dans le dernier épisode, il faut faire un jeu de piste (...) avec Daniel pour débloquer l'arrivée de la mère. Ce jeu ne s'était pas déclenché chez moi, j'ai tourné en rond pendant 15' avant de me rendre compte que quelque chose clochait.

Encore une scène dans le pathos

Tl;DR: Un opus raté, politisé et mou, qui passe à côté de son sujet. On espérait mieux, tout en ayant conscience que le coup de maître effectué avec LiS était non renouvelable.

C Ya,
Guns