biographie par
Guns, le 10 août 2009
Stanley Kubrick est né à New York le 26 juillet 1928, dans l'état du même nom aux USA. Il débute comme photographe pour le magazine américain Look, et après y avoir passé plusieurs années, se lance dans le cinéma en autoproduisant deux films à petits budgets (pas étonnant vu que c'est autofinancé) Fear and Desire (Peur et désire, 1953) et Killer's Kiss (le baiser du tueur, 1955).
Par la suite, il enchaîne une partie de bras de fer avec les grands studios américains, et dès les années 50, il est l'un des premiers à pouvoir travailler en marge de ces Majors, et avoir des exigences sans cesses redéfinies. Il travaille alors à la production de tous ses films à partir de Dr Strangelove, or How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (Dr Folamour 1963), ce qui lui permet d'en avoir le contrôle absolu. Il peut se permettre par exemple de retirer les copies de ses films après les premières projections afin d'en corriger le montage. Un autre exemple est l'interdiction absolue depuis sa sortie d'avoir A Clockwork Orange (Orange Mécanique 1971) en vidéo en Grande-Bretagne. Kubrick en fera bruler plus de 800 exemplaires.
Cette emprise sur ses films lui permet d'être l'auteur à part entière de son oeuvre, que ce soit du contrôle des affiches, à la diffusion du scénario ou encore aux éclairages et à la musique. Tous les éclairages sont pensés par le Maître, et la musique prend chez Kubrick une importance qu'elle possède rarement chez d'autre. Dans 2001 : a Space Odyssey (2001 : L'Odyssée de l'Espace, 1968), la musique prend une importance spirituelle tandis que dans A Clockwork Orange, Beethoven prend toute sa dimension et son caractère de force.
Chacun des films de Kubrick est une oeuvre forte, où l'humain est dévoilé. Les sentiments qui nous animes sont pour la plupart destructeurs, et la vie est parabolée dans trois films que l'on peut considérer comme une trilogie : 2001 : A Space Odyssey, A Clockwork Orange et Barry Lindon (Barry Lindon, 1975). Ces trois films se suivent chronologiquement, et chacun a pour thème la destinée d'un Homme : Bowman, Alex et Barry. Chacun suit un chemin différent, mais abouti à la case départ. Bowman redevient foetus, Alex redevient Cynique et lucide et Barry retrouve l'échec.
Kubrick est un très bon joueur d'échec, et on peut se demander si chacun de ses film n'est pas un coup joué sur l'échiquier du cinéma, afin de délivrer par un mat écrasant, un message sur notre propre condition. La fin dans les films de Stanley est souvent la destruction (prise d'une pièce), comme pour nous prévenir de la finalité évidente : le mat, la fin ultime. Pour cela, guettons ses prochains films.
Épilogue...
Le 7 mars 1999, soit 666 jours exactement avant le début réel de 3ème millénaire, Stanley Kubrick disparaissait quelques jours avant la sortie officielle d'Eyes Wide Shut. Il est parti sans pouvoir se défendre de nombreuses critiques faites à l'encontre du film. Il est parti en nous laissant son oeuvre, monument unique dans l'histoire du 7ème art, comme un témoignage de son époque, de sa perception unique de l'humanité et de l'humain.