Boum! Pour changer, Ripley se retrouve face à un alien de l'espace qui tue méchamment et en plus avec un rictus. Bon, alors sans déconner, je résume l'histoire brièvement, de toute façon c'est quand même bien toujours un peu la même chose.
Alors la navette qui ramenait Ripley, le bout de Bishop le droïde, la fillette et les marines de la mort se votre sur une planète prison, où environ une poignée d'hommes double Y restent. Oui, je sais, une poignée pour un truc qui doit faire juste la moitié de la terre en taille, ça fait pas beaucoup pour l'entretien.
Quoi qu'il en soit il s'avère qu'un alien était à bord, et que c'est lui le méchant qui a tout saboté. Ripley est pas contente. De toute façon elle apprend qu'elle en a un dans le corps. Après avoir plus ou moins réussi à se faire accepter par les YY elle décide de combattre les aliens qui prolifèrent.
Bon je bâcle la fin : Ripley se suicide alors que les gens de la compagnie arrivent pour lui piquer le alien qu'elle a dans le corps (car ces gens sont au courant de tout, et plus encore puisqu'ils savent même que c'est une reine).
OK, j'ai peut-être donné l'impression d'un film moyen, dans la lignée d'Aliens, mais en fait il n'en est rien. Des 3 premiers, ce dernier épisode est de loin le meilleur.
Pourquoi ? Tout d'abord, c'est mon pote
Fincher
David Fincher
- Fight Club
- Alien³
- qui a par la suite eu la mauvaise idée de commettre
Se7en - qui a réalisé. Ce monsieur, bien qu'adepte d'une caméra très mobile, genre qui file la gerbe, sait tout de même créer une ambiance.
Je fais un break d'entrée : ici aussi, quelques scènes sont très pénibles, genre la course poursuite de
Se7en qui à elle seule vaut la haine que je porte pour ce film. Cependant, contrairement à
Se7en, où toute l'ambiance était plagiée sur
Le Silence des Agneaux, l'atmosphère qu'il crée dans
Alien³ est bien novatrice dans la série des Aliens. Dans mes critiques des films précédents, j'avais noté l'absence pitoyable d'un directeur photo digne de ce nom. Ici la photo est superbe et suffit à elle seule à donner un cachet au film. Les teintes chaudes sont magnifiquement rendues, et cela est non seulement possible du fait du scénar qui utilise la prison comme unité de lieu, mais également du fait de la bonne volonté de
Fincher
David Fincher
- Fight Club
- Alien³
de se démarquer de l'absence d'esthétisme propre aux Aliens.
D'autres points de réalisation sont également à noter : certains effets de lumière mis en opposition de plans, des travellings bien effectués (ne rigolez pas, j'en connais qui en foire allégrement), et un bon choix dans la taille des champs, notamment l'alternance entre les gros plans et les plans serrés qui donne plus de poids aux dialogues.
Passons maintenant à d'autres points que ceux de la réalisation brute : la mise en scène et le jeu des acteurs. Les acteurs jouent ici de façon très agréable : le jeu est rigoureux, toujours une absence d'emphase à déplorer, il est surtout très juste. Fi de la rigolade minable d'Aliens,
Sigourney
Sigourney Weaver
- Alien la Résurrection
- Alien³
- Aliens
semble avoir retrouvée ici un poil de jeux, ce n'est toujours pas la panacée de
La Jeune Fille et la Mort que, promis, je critiquerai un jour sur ce site, et on est encore assez loin de son jeu limpide et très puissant d'
Alien la Résurrection (Alien Resurrection). Les autres acteurs sont bien également.
Je fais ici un reproche à la mise en scène : les acteurs ont tous un jeu relativement proche et stéréotypé. Le metteur en scène n'a pas su tirer pleinement parti de ses acteurs, en ne les laissant pas s'exprimer librement. C'est du moins l'impression qu'on en ressort. Ok, l'impression que J'EN ressort.
Parlons un poil zique : poil.
L'histoire est par contre d'un banalissime affligeant. C'est bien dommage car c'est bien mené et raconté. Le rythme est assez agréable pour qu'on se laisse porter pendant toute la durée du film. Le point nouveau est la mort de Ripley. Cela a été la libération pour tous ceux qui conservaient l'immondissime souvenir d'
Aliens (Aliens) dans l'esprit, mais un drame pour tous ceux qui se disaient : "tient, ça devient moins con et visible". Heureusement que rien n'est impossible à des scénaristes (cf.
Alien la Résurrection (Alien Resurrection)).
Au final, je considère le film comme très plaisant, je lui colle dans ses 3 claps que je pense bien mérités. On n'est pas encore au niveau du merveilleux épisode suivant, mais
Fincher
David Fincher
- Fight Club
- Alien³
a ouvert une porte, notamment concernant l'esthétisme, que
Jeunet
Jean-Pierre Jeunet
- Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
- Alien la Résurrection
s'empressera de franchir.