Mulholland Drive
une critique de Guns 3
Synopsis
Nous suivons une jeune et charmante femme dans une limousine. Elle se trouve sur Mulholland Drive, une rue sur les contreforts de Los Angeles. La limousine s'arrête et le chauffeur se retourne en braquant un flingue sur la jeune femme. De façon inespérée, des jeunes certainement un peu débiles font sur cette même route une course de voiture. Fatalement c'est l'accident. Cet accident permet à la jeune femme, choquée et sonnée, de s'en sortir.

Elle retourne à pied en ville, et squatte le premier appartement venu. Le lendemain, la nièce de la propriétaire de l'appartement arrive en ville. Betty, tel est son nom, découvre alors Rita (le nom de la femme choquée). Une amitié se noue entre les deux femmes, et bien vite, Rita avoue qu'elle ne sait pas qui elle est. Betty l'enjoint à faire une enquête, et nos deux ingénues partent alors à la chasse au souvenir, tout en tentant d'échapper aux poursuivants de Rita.

En parallèle, nous suivons l'histoire d'un jeune metteur en scène qui se voit imposer une actrice, Camilla, pour son prochain film. Le destin de ces personnes va finir par s'entremêler.
Critique
Premier point, mon résumé est pourri, mais j'ai tenté de faire en sorte que quelqu'un qui n'a pas vu le film puisse le lire sans pour autant se spoiler sa vision. Par la suite, comme je compte tenter de décortiquer le film, il serait préférable de stopper ici la lecture de cette critique si vous ne l'avez pas encore vu : sachez juste que c'est une très bon film et que je vous conseille d'aller le voir.

Maintenant barrez-vous.

Bon, maintenant je vais parler du film à ceux qui l'ont vu. Ce film de David Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
rentre dans le calque classique des histoires lynchiennes, mêlant habilement et subtilement rêves, psychanalyse et réalité sordide. Avant d'entrer dans les rouages du film, on va bâcler vite fait quelques points de détails.

La réalisation n'est pas excellente. C'est un premier point. La caméra possède des mouvement saccadés et dont la fluidité peut être facilement mise en cause. Cependant les plans sont très judicieusement choisi. La photo de Peter Deming[]Peter Deming
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- From Hell
- Scream 3
, loin d'être débutant, est splendide, et l'on appréciera que les plan nocturnes restent visible. Ici il n'y a pas d'effets spéciaux tendancieux à masquer par une obscurité fallacieuse. Concernant la musique, rien à dire. Si je n'irai pas l'acheter pour la passer en boucle, on ne peut qu'admirer sa précision à suivre l'image, son adaptation à l'intrigue.

Les acteurs sont minables par contre. Hahaha vous y avez cru avouez. Trêve de billevesées, les acteurs sont parfait, mais qui en aurait douté sous la direction de Lynch[]David Lynch
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. Notons les performances des deux actrices principales, qui nous présentent une palette de jeu assez large. Une mention spéciale sera accordée à Naomi Watts[]Naomi Watts
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, non seulement pour la scène du casting (et son contraste flagrant avec la répétition dudit casting) mais surtout pour la métamorphose entre la première partie du film et la seconde.

Voilà, maintenant on peut s'attaquer au gros morceau : qu'est ce que c'est que ce film ?

Force est d'avouer qu'en sortant de la vision de Mulholland Drive, que l'on ait aimé ou détesté on ne peut faire autrement que de se poser beaucoup de questions. Et c'est normal, puisque Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
nous ballade comme de vulgaires pantins dans les méandres de son histoire, nous imposant des changement de rythmes très sournois, nous faisant passer du rire à l'incompréhension. Bref il est très joueur. Je dirai même taquin.

Mulholland Drive est un film qu'il faut voir deux fois, au minimum. La première fois pour comprendre, la deuxième pour s'amuser à voir toutes les clés que le metteur en scène s'est amusé à nous donner au fur et à mesure. Pour ma part je ne l'ai vu qu'une fois, je vais donc me borner à suivre le décours du film pour le comprendre et vous faire part de mes "interprétations" (dont je me doute que la plupart sont erronées).

La première chose qui se comprend lorsque le film s'achève, c'est sa structure. Nous sommes en présence d'un film composé de deux parties, la première consiste en un rêve, la deuxième en la réalité. C'est le point le plus simple et pour autant c'est pas de la tarte.

Pour parfaitement comprendre le principe narratif du film, il est indispensable de le prendre à revers. C'est pour ça que je disais qu'il faut le voir deux fois. En effet, temporellement le film débute à la fin du rêve, c'est à dire à la fin de la première partie. Nous sommes alors en compagnie de Diane. Premier point important : Diane/vie réelle = Betty/rêve, sommairement. En fait Betty est la représentation que Diane se fait d'elle-même en version idéalisée.

Alors que se passe-t-il dans la vie réelle : Diane est actrice et est l'ami (sur un plan sexuel également) de Camilla, une autre actrice. Elles jouent toutes les deux dans le même film, dirigé par Adam. On nous fait comprendre ici plusieurs points : Camilla pour réussir n'hésite pas à coucher, elle va d'ailleurs se marier avec Adam, Camilla a toujours volé la vedette à Diane et pour finir elle vient de quitter Diane.

Ceci cadre le film : nous sommes en présence d'un drame sentimentale. Mais en fait c'est plus que cela puisqu'il s'agit d'un film policier. Et oui, Diane, jalouse et ne pouvant plus en encaisser, à placer un contrat sur la tête de Camilla. L'homme chargé de tuer Camilla lui dit que lorsqu'elle trouvera une clé bleue ça voudra dire que le contrat est fait. Cette clé bleue, Diane l'a dès le "début" de l'histoire (en effet, lorsqu'elle se réveille, la clé bleue est sur sa table basse, et sa voisine venant lui dire que les inspecteurs sont repassés nous fait comprendre que le contrat a effectivement eu lieu).

J'espère que vous avez compris jusque là parce que c'est la partie la plus simple : Diane a fait tuer Camilla. C'est simple à comprendre mais Lynch[]David Lynch
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nous embrouille en nous mettant une narration complètement atemporelle puisqu'une foule de flash back vient s'interférer. Qui plus est, comme cette partie vient après le rêve, il nous faut replacer tout les éléments du rêve dans leur réalité. Bref c'est pas si facile.

Maintenant que nous savons que Diane a fait tuer Camilla, nous pouvons très aisément comprendre son rêve, puisque nous savons que ce rêve à lieu après qu'elle ait reçu la clé, il s'agit certainement d'un rêve fantasmagorique du à la culpabilité qui la ronge, et dans lequel elle réinvente une autre réalité. Une réalité ou Camilla rechaperait de son accident. Une réalité ou Diane récupérerait Camilla, récupérerait son amour. Et c'est une Camilla dissociée de celle de la réalité que Diane aimerait récupérer : le côté qu'elle n'aime pas (côté star de cinéma, qui entraîne la jalousie et au passage en récupérant ce côté : c'est elle qui devient talentueuse) est en effet incarné par une autre Camilla, celle à tuer ["she is the girl" est la phrase prononcée par le metteur en scène pour désigner la Camilla du rêve et c'est la même phrase que prononce Diane pour présenter la vraie Camilla au tueur]. Dans son rêve, Diane extériorise la plupart (j'y reviens) de ses démons en sabotant la vie d'Adam, en s'attirant les grâces de sa mère, et en représentant Rita comme étant une Diane potentiel, son ego (côté narcissique du rêve).

La présence des tous les éléments de la vie réelle dans ce rêve en devient alors limpide, simplement, encore une fois, le choix de Lynch[]David Lynch
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dans sa présentation des évènements fait en sorte que l'on soit déstabilisé.

Nous retrouvons en effet dans le rêve, Coco, la mère d'Adam devenu soudainement la concierge, nous retrouvons la serveuse Betty, qui a échangé de place avec Diane de la vie réelle, nous retrouvons le cow-boy, et nous retrouvons surtout la clé bleue, maintenant idéalisée, ouvrant l'inconnu. L'inconnu matérialisé sous la forme de cette boîte bleue (en effet lorsque Diane demande au tueur ce qu'ouvre la clé bleue il rigole car elle n'ouvre probablement rien, dans son rêve cette question ressurgie mais de façon fantasmagorique).

En fait la réalité nous explique le rêve, mais tout est expliqué dans et par le rêve. C'est là le tour de force de Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
.

Cependant le rêve n'est pas limpide, même après avoir compris les mécanismes du film. En effet, le premier élément d'interrogation une fois que l'on pense avoir saisi est : c'est quoi donc que cette boite bleue ? Comme je l'ai dit, à mon sens il s'agit d'un symbole pluriel. Premièrement, cette boîte lorsqu'elle est ouverte, provoque une sorte "d'aspiration" de Rita, et indirectement la fin du rêve, on pourrait alors imaginé qu'il s'agit d'un procédé inverse à "la clé des songes", ici la clé est celle de la réalité, la boite nous ouvre les portes de la réalité. Ensuite cette boîte est possédée par un être bizarre, un sdf. Ce sdf pourrait (vous avez bien vu l'énorme conditionnel que je viens d'employer j'espère, pas la peine de me mailer que je suis un abruti fini j'ai fini de la savoir) être une représentation du moi de Diane, tenant dans ses mains une boîte de Pandore et libérant les derniers démons qui hantent la jeune fille (sous la forme des deux vieux qui vont la mener au suicide). Certain, mais je pense que ce n'est pas le cas, pourra avoir une interprétation Freudienne sur cette clé, symbole phallique s'il en est, la serrure ayant toujours représenté le sexe féminin, mais je pense que là on aborderait une toute autre interprétation qui remettrait en cause tout ce que j'ai dit précédemment.

Voilà les quelques ébauches d'interprétation que j'ai pu tracer du film de Lynch[]David Lynch
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, je ne prétend pas avoir raison, pour ce genre de film je vais me la jouer très humble, mais vous noterez tout de même, lors de la deuxième vision du film, les différentes allusions que Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
fait au fur et à mesure pour nous faire comprendre que c'est un rêve. Premièrement quand elles cherchent Diane dans l'annuaire, Betty dit que "ça fait bizarre de s'appeler", ensuite les effets de caméra tente de donner une nature un peu rêveuse aux images, renforcée par la présence des caractéristiques du rêve chez Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
(le nain, les intérieurs rouge et noir) ainsi que par des transitions souvent improbable. Il doit y avoir un paquet d'autres clés, mais comme les éléments du rêve sont tous piochés dans les éléments de la réalité, il est difficile de repérer ces clés sans une deuxième vision que, je rappelle, je n'ai pas encore eu. Enfin, la dernière des clé et certainement la plus importante, est donnée au Club Silencio, où Lynch[]David Lynch
- Mulholland Drive
nous dit *textuellement* que nous avons vu un rêve : "This is all tape recording. It is an illusion", répété environ dix fois par le maître de cérémonie (on notera d'ailleurs les spasmes de Betty à ce moment).

Voilà en bref, si vous voulez débattre de ce film avec moi ou les autres rédacteur n'hésitez pas à venir sur le forum, il est là pour ça. Ce film est un grand film, je ne lui met que 3 claps car je suis très méchant (oui) et surtout parce que je n'ai pas vraiment aimé certains mouvement de caméra qui m'ont d'ailleurs été très pénible au début. Je tatillone mais j'en ai le droit !
critique créée le 15 juin 2002 et mise à jour le 15 juin 2002
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