Joe Young est un jeune mormon, qui va bientôt se marrier, mais qui a besoin d’argent. Pour se faire il va dans la grande rholywoude pour y vendre des bibles et prêcher la bonne parole. Visitant une maison avec un de ses camarades mormons, il y est accueilli comme il se doit, à coup de pompe. Mais Joe sait se défendre, bien qu’il n’aime pas ça.
Le propriétaire de la maison est un réalisateur/producteur de films à caractère pornographique (porn dans la suite du texte). Il a besoin d’une personne fraîche, sachant se battre, pour un de ses films : Orgazmo. L’argent promis à Joe Young lui permettrait de se marier avec sa dulcinée, et Joe accepte, sous réserve d’avoir une « doublure bite ».
Spoiler : le film va faire un gros succès, mais au final Joe se fera entuber et décidera de devenir réellement Orgazmo, le justicier sexuel, pour faire le bien dans ce repère de stupre et de luxe qu’est hollywood.
Ce film, bien qu’atypique a première vue, n’est en fait qu’une comédie légère et guillerette comme on en voit bien souvent. On sent tout de même transparaître une certaine amertume au travers du regard des deux créateurs de
South Park,
Trey Parker
Trey Parker
- Orgazmo
et
Matt Stone
Matt Stone
- Orgazmo
.
Le film est correctement réalisé, il n’y a rien de transcendant, mais à ce niveau de production on ne va pas s’attendre à des exploits non plus. Dans la catégorie on fait un film sur la façon de faire un film, on aura vu bien mieux réalisé (je pense notamment à
Living in Oblivion, qui peut en fait servir de référentiel pour juger de ce film). Les acteurs ne sont pas mauvais, et cadrent bien avec l’esprit du film.
Bon mais sinon ? Rien. C’est léger, divertissant, parfois agréable et ça peut même décrocher un sourire. Mais en dehors de ça, c’est loin d’être hilarant, on pouvait s’attendre à bien plus de la part de
Trey
Trey Parker
- Orgazmo
et
Matt
Matt Stone
- Orgazmo
. Quand on écoute ces deux personnes parler de leur expérience Hollywoodienne, on sent tout de suite qu’ils ont un regard critique sur cette société (qu’ils ont pourtant pleinement adoptée maintenant), et plus encore à l’époque du film. Alors pourquoi se contenter de si peu ? C’est la question principale qui se pose suite à ce film, on ressent une légère frustration. Non pas qu’on aurait aimé un vrai regard cynique porté sur tout le système, on sait qu’on ne va pas voir un
Altman
Robert Altman
- Short Cuts, les Américains
ou un
Carpenter
John Carpenter
- Invasion Los Angeles
, mais quand même, un brin d’analyse, une meilleure approche, et surtout, le fait de s’assumer. Quand on prétend être de joyeux drilles ne respectant pas l’autorité (et il suffit de voir certains épisodes de
South Park pour se rendre compte jusqu’où ils peuvent aller), qu’on prenne pour sujet le tournage d’un film porno, je trouve ça lamentable de ne pas oser montrer ne serait-ce qu’un sein (j'exagère à peine). On sent une pudibonderie déjà horripilante en soit, mais qui le devient plus encore dans ce cas précis.
Alors au final un film sympa, ni plus ni moins, qui n’apporte rien. Ca reste agréable à regarder et on a vu bien pire. Disons que si on a rien de mieux à se mettre sous la dent, ça peut le faire.