Spiderman est de retour et avec lui une jolie galerie de problèmes. Bien qu'adoré par tout les new-yorkais reconnaissant, M.J. Watson semble ne plus apprécier son égo démesuré, un symbiote venu des confins de l'espace veut absolument convoler en justes noces avec le tisseur, le bouffon vert n'a toujours pas digéré la mort de son père et en veut à la terre entière (enfin surtout à Spiderman) et pour couronner le tout l'homme des sables fait son apparition. Comment Spidey va-t-il se sortir de ces faux pas? mais surtout comment les scénaristes vont-ils démêler cet incroyable sac de noeud? Autant de réponses que vous trouverez en allant voir le film, mais aussi en lisant la critique qui suit...
Cette critique contient des spoilers.
Déjà vouloir résumer l'homme des sables, le costume symbiote et Venom, des histoires qui courent toutes trois sur plusieurs années, c'était très, voire trop, ambitieux. Alors quand on rajoute en plus un semblant d'amourette avec Gwen Stacy et qu'on trouve le moyen de greffer en plus le fils du Bouffon... ça tourne à mon sens à l'indigestion.
Et en parlant d'indigestion je crois que ça va être le maitre mot me concernant pour décrire ce film. Des SFX bien foutus mais servis jusqu'à l'overdose. c'est vrai que c'est déjà le troisième volet cinématographique des aventures du tisseur, alors les plans en plongée de ses pérégrinations new-yorkaises, ses poses accablées sur d'improbables promontoires tel une gargouille en latex, sincèrement ça lasse. Et c'est un spectateur élevé au grain et au Nova, Strange et autres Spidey qui vous parle. Spiderman en costume symbiote n'est qu'une version noire de son costume classique bleu et rouge (quand celui du comics est quand même radicalement différent), Venom est certes impressionnant mais bien moins que sa représentation organique et hideuse sur papier et l'acteur qui incarne Eddie Brock ne ressemble en rien au vieux briscard qu'il est censé être.
Oui
Spiderman 3 est l'épisode de trop, c'est certain.
Tobey Maguire
Tobey Maguire
- Spiderman 3
- Spiderman
- Las Vegas Parano
, qui jusque là tirait son épingle du jeu en jouant aussi bien la candeur de l'étudiant qui survit avec son boulot de photographe que la tenacité requise pour être un héros porté par le hasard à un destin hors du commun, semble ici s'être réduit à 2 expressions. D'un côté le gros niais, bien lourd, obnubilé par sa seule existence et son statut de héros adulé et porté aux nues par une nation entière, joué avec autant de grâce que votre serviteur dans une usine de M&M's et de l'autre côté, quand le costume symbiote fait ressortir le plus mauvais de son âme, il fait le beau (avec sa gueule de poupon fraichement détaché du sein de sa mère...), il fait le méchant et on n'y croit pas une seule seconde.
Pour une série qui avait jusque là réussit à présenter des personnages d'une relative finesse (pour des blockbusters) ça fait drôle.
Kirsten Dunst
Kirsten Dunst
- Spiderman 3
- Spiderman
- American Girls
, pourtant capable du meilleur (voir
Marie-Antoinette ou
Virgin Suicides), est fade au possible, alternant cris et larmes de jeune fille en détresse aux prises avec les vilains et cris et larmes de la jeune fille déçue et trompée par l'homme qu'elle aime.
Vient ensuite l'histoire en elle-même. comme je le disais plus haut, les raccourcis étaient nécessaires pour tout faire tenir en 2h20 et ça se sent, c'est vite fait, mal fait, maladroit et ça donne lieu à des coïncidences énormes, trop énormes pour être crédibles... J'avais aussi trouvé le second épisode très bavard et là ils ont aussi estimé qu'il fallait en faire plus (comprendre "trop") et ça palabre pendant des plombes pour rien, ça sort des grandes phrases façon
Fabrice Luchini sous amphétamine. De plus on est souvent habitués dans ce genre de film à une séance d'ouverture plutôt époustouflante, qui met tout de suite dans l'ambiance et là, il semble que
Sam Raimi
Sam Raimi
- Spiderman 3
- Spiderman
- Evil Dead 2
ait voulu prendre le spectateur par surprise et c'est franchement un échec, on s'ennuie ferme pendant les 10 premières minutes.
Quand on sait que le réalisateur est engagé contractuellement à faire 2 (ou 3 j'émets un doute) épisodes, on peut décemment se demander s'il n'a pas volontairement scié la branche sur laquelle il était assis pour s'évader. On trouve ainsi des plans exagérément appuyés où l'on voit la foule acclamer Spiderman, on le voit arriver avec en fond la bannière étoilée, toutes ces choses semblent là plus pour ridiculiser l'ensemble que pour réellement véhiculer le message qu'on croit y voir au premier degré. Le pire à mes yeux étant cette épilogue long à mourir, dégoulinant de bons sentiments et de happy end merdeux, c'est simple on se serait cru à la fin du Retour du Roi... La rédemption du fils du Bouffon est grotesque, la scène de sa mort sur fond de soleil levant ridicule, la trop classique scène d'enterrement sur la colline, tous parapluies dehors, l'indigestion, je vous le disais plus haut.
Finalement tout n'est pas noir dans ce
Spiderman 3, on y trouve quand même quelques bons moments comme la scène clin d'oeil où Parker tombe tout en essayant de rattraper la bague de fiançailles (énorme référence à Frodon et l'anneau), les coups de gueules de Jonah Jameson, la naissance de l'homme sable (acteur bien trouvé et dont la carrure + le costume faisait fortement penser aux personnages de gros durs qu'on trouvait dans les films de
Caro et
Jeunet
Jean-Pierre Jeunet
- Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
- Alien la Résurrection
) et quelques scènes de combat assez bien orchestrées quand elles ne donnent pas directement la gerbe (fonction de la sensibilité gastrique de chacun).
Je n'attends pas le 4ème volet avec impatience, c'est une certitude.