affiche Le Poing de la Vengeance
une critique par Guns
Le maître d’une école de kung-fu gagne un trophée (un truc du genre panneau en bois, super et tout). De retour chez lui, à peine rentré et s’apprêtant à jouir des plaisirs sains de la vie, comme par exemple se lisser la barbe en riant aux éclats ou se peigner les sourcils en riant aux éclats de noisette, il se fait prendre à partie par un chef de clan adverse, qui n’a rien gagné lui, mais qui se la joue quand même. Le fourbe. Bref, ce dernier n’ayant pas trente-sept milles combats dans les pattes gagne aisément et tue par la même occasion le premier.

Tout ceci se passe en l’an n de leur ère, et de ce fait on doit nager en plein drame. Ainsi, de retour chez lui, le nouveau meilleur du monde retrouve sa femme pendue, parce qu’elle était amoureuse du premier, le vrai gagnant. Vous êtes perdus ? C’est pas de chance, c’est pourtant limpide.

L’élève du maître assassiné décide cependant de le venger, et avec son poing, ce qui nous donne la raison du titre du film. Y arrivera-t-il ou bien tombera-t-il dans un traquenard le menant au milieu d’une guerre des gangs rendant West Side Story pathétiquement mou ?
Ce film de Jackie Chan de 1979, de la grande époque des films de kung-fu donc si l’on en croit les puristes, se caractérise par une histoire simple mais robuste qui laisse la part belle au combat. Ici pas de fioriture, on est là pour voir de la baston et pas pour voir des performances d’acteur. Cela dit, c’est mieux d’être prévenu parce qu’en toute honnêteté, on nage en pleine médiocrité au niveau du jeu des acteurs. D’ailleurs, la question peut être posée : peut-on réellement parler d’acteurs ? N’est-on pas plutôt en présence de simples pratiquants d’arts martiaux qui sont placés devant une caméra ? Cette question est importante parce qu’elle pourrait facilement faire basculer le film de la catégorie des films (du genre vrais films) à celle des documentaires animaliers (du genre faux films donc).

J’en reviens à mes moutons : la mise en scène est assez mauvaise, on se demande d’ailleurs s’il y en a eu une, encore une fois. La musique est du genre à agacer l’oreille fine du spectateur mélomane. Non vraiment il n’y a rien de palpitant techniquement. On peut être parfois surpris de la volonté du réalisateur à quasiment tout faire au grand angle, mais après tout c’est son choix, il devait avoir peu de recul pour ses combats martiaux, ou bien il avait peu de choix de lentilles...

Les combats pour leur part sont assez bons, c’est un peu ce qui sauve le film d’ailleurs. On est très loin des combats de kung-fu moderne, ceux des années 90 avec moult câbles et effets spéciaux de la mort. Ici les principaux effets (outre l’ultra-grand-angle) consistent en quelques sacs de farines et deux bouts de bois tapés l’un contre l’autre pour le bruitage. Si certains combats sont bons, la plupart est quand même un cran en dessous du fait des espaces laissés entre les poings/pieds et les cibles de ces derniers. Il est évident que les coups ne sont pas portés, ok, mais quand même, là on est vraiment dépités de voir de telles distances s’installer entre les deux protagonistes d’un même combat. D'ailleurs, précisons que le titre original, Long Quan, est le nom générique des techniques de boxes du dragon, les amateurs verront donc directement quel style de combat leur est offert.

Au final on a un film à peine divertissant, qui fera le plaisir des aficionados du genre, mais ça s’arrête là, on ne peut pas vraiment dire que cela plaira au reste du monde, surtout 30 ans après sa sortie.
 
critique créée le 07 septembre 2009 et mise à jour le 07 septembre 2009
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