Inception
une critique de Guns 4
Synopsis
Cobb et son équipe sont des voleurs de haut vols, capable de voler ce qu'il y a de plus précieux : des idées, des souvenirs, bref... Ce qui se cache dans les têtes. Pour cela, ils endorment leur victime et s'insinuent dans leur rêve, où un architecte, tel un maître de jeu, met en place plein de situations, décors and c° pour forcer les coffres mentaux les plus récalcitrants.

Un jour, on leur offre un gros paquet d'argent, accompagné de beaux idéaux comme "on ne vous tuera pas", pour aller plus loin et, non plus dérober un souvenir, mais implanter une idée. Et là, ça devient compliqué...
Critique
Inception est un peu le film que pas mal de monde attendait comme le messie depuis une bonne grosse décennie. En effet, souvenez-vous à la fin du dernier millénaire, Matrix (The Matrix) était apparu pour beaucoup comme une grosse claque dans nos têtes. Pourquoi ? Simplement parce que derrière les effets spéciaux qui claquaient à l’époque, se trouvait une idée de génie : remettre en cause nos concepts sur notre existence. S’en est suivi tout un tas de films plutôt mauvais (y compris les suites de Matrix (The Matrix)) qui ont tenté de s’infiltrer dans le créneau du film qui creuse et qui veut nous torturer les méninges, sans franchement y arriver. Puis Inception se pointe.

Inception c’est quoi ? C’est avant tout un film très bien réalisé par Christopher NolanphotoChristopher Nolan
- Inception
- Memento
, qui pour le coup gère parfaitement son sujet puisqu’il est également l’auteur du scénario. Autant dire que le monsieur s’éclate. Ca se sent, il faut dire qu’il a préparé un sujet bien jouissif pour un cinéaste, le monde du rêve permet en effet tout et n’importe quoi, les seules limites restant l’imagination (et celle de NolanphotoChristopher Nolan
- Inception
- Memento
semble bien débridée) et la technique (et les effets spéciaux claquent suffisamment pour comprendre que ce n’est plus vraiment une limite). Le film se paye le luxe d’un Hans ZimmerphotoHans Zimmer
- Inception
- Pirates des Caraïbes
- Mission: Impossible II
pour la bande son, et la photo de Wally PfisterphotoWally Pfister
- Inception
- Memento
, grand copain de NolanphotoChristopher Nolan
- Inception
- Memento
. de cette complicité naissent d’ailleurs des plans d’une beauté frappante.
Autant dire que niveau technique, le film est un cran au-dessus de la production moyenne même à grand budget. Cependant, cette homogénéité pourrait être plombée par des acteurs minables.

Hors, le(s) lecteur(s) assidu(s) de cineguns peut en témoigner, je ne porte pas Leonardo DiCapriophotoLeonardo DiCaprio
- Inception
- Les infiltrés
- Aviator
dans mon coeur et plutôt bas dans mon estime. Cependant force est d’admettre qu’avec l’âge, il n’a pas pris que des tas de kilos en plus, mais également un peu plus de maturité dans son jeu. C’est pourquoi il apparaît tout à fait à son aise dans ce film. On aura compris que je suis trop mauvaise langue pour dire en toute lettre que je l’ai trouvé bon ... Le reste du casting est à l’avenant, personne ne se démarque et le maître mot du film reste donc l’homogénéité (la preuve, ça fait deux fois que je le sors).

Revenons maintenant sur le scénario, puisqu’il faut bien l’admettre, tout aussi bien soit le film, sa grande force réside indubitablement là dedans.

Mon ami lecteur, la suite contient des spoilers inévitablement.

La force du scénario réside dans deux éléments. Son postulat de départ et sa construction. Le postulat de départ est simple : on peut aller dans ta tête et y faire un peu ce qu’on veut. Le fil conducteur du film est donc simple lui aussi : une équipe spécialisée se voit confier une mission, (mine de rien on est proche du Ocean Twelve sur la trame). Et la construction va entrer en jeu, en greffant sur cette trame toute une foule d’ornement, d’intrigues, d’approches. Le but étant de nous égarer, de nous questionner. Si vous avez déjà vu un fleuriste construire un bouquet contemporain, c’est la même chose : on place un fil de fer (la trame) et on y colle plein d’accessoires (Marion CotillardphotoMarion Cotillard
- Inception
, Les Limbes, ect.). On part d’un rêve avec un niveau dimensionnel établi (3) pour se paumer dans une pseudo-réalité ou ce rêve a finalement 4 niveaux, plus les limbes dont on ne sait toujours pas trop ce qu’elles viennent fiche ici. Comme NolanphotoChristopher Nolan
- Inception
- Memento
est taquin, mais réglo, il se dit qu’un déplacement de dimension doit s’accompagner d’une courbure du temps, après tout restons un minimum réaliste. Vient donc d’ajouter la courbure temporelle qui permet toutes les dérives. De toute façon comme on est dans des rêves, on peut déjà tout faire.

Au final on a quoi ? Un songe ? Une réalité ? Laquelle ? La toupie nous dit-elle tout, est-elle un leurre ? Bref, on fini par se questionner sur tous les chemins possibles du film, et finalement aucun n’aboutit à une réalité fiable. Restent trop de questions en suspens. C’est ce qui donne à Inception sa puissance, à le fin du film chacun est convaincu de ce qu’il a vu, et confronte son interprétation avec son entourage pour se rendre compte que, si on continu sur ce ton, on va se mettre dessus ! Non mais ho. Les fins ouvertes sont souvent pour moi la lourdeur ultime, le refus de s’assumer ou pire, la flemme de conclure. Ici, la fin se doit d’être ouverte pour ne pas ruiner les espérances de certains ou pour permettre à d’autres d’entrer eux-même dans le rêve de leur choix... et on se prend tous à acheter des toupies.

Pour conclure on peut aussi mettre tout l’intellectualisation rébarbative de côté et simplement apprécier le film pour ce qu’il est : un film beau, bien joué, divertissant et agréable. Que demander de plus ?

(failli mettre un clap en moins pour les prises de tronche en plus !)
critique créée le 24 janvier 2011 et mise à jour le 24 janvier 2011
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