Il est assez peu évident de rédiger le synopsis d’un film d’une telle complexité. Si on souhaite être complet, on peut aisément dire qu’il s’agit de l’histoire de quelqu’un qui cherche à venger quelqu’un. Ou alors pas du tout. En fait, le film est tellement ciblé pour une élite intellectuelle, que je vous conseille tout bonnement a) de lire la critique AVANT de le regarder et b) de le regarder.
Avec l’aide des points a) et b), vous pourrez vous aussi comprendre l’histoire. Du moins on l’espère.
Tout d’abord il me paraît nécessaire de faire le point sur un détail qui a son importance. J’ai eu le plaisir de voir ce film dans des conditions particulières, lors d’un café-débat de haute volée intellectuelle. Lors du visionnage, certains spécialistes de la langue japonaise, dont je ne fais hélas pas encore parti, se sont alarmés sur le sens des sous-titres. En effet, par acquis de conscience et par plaisir personnel, vous savez que je ne conçois pas qu’un film puisse être vu autrement qu’en version originale. Le soucis reste que les traductions se doivent d’être fidèles. Or manifestement "arigatou" n’a jamais signifié "avez-vous faim ?" ce qui laisse à penser que des soucis de traduction on pu nuire à l’histoire, par ailleurs palpitante, du moins autant que mon paragraphe.
Ce point essentiel étant maintenant bien défini, il est temps de parler de la mise en scène, dont les égarements successifs et l’absence de réflexions, additionné d’un montage désastreux et aléatoire rendent au final presque sympathique. Une réalisation n’a pu être effectuée que par quelqu’un sous substance, c’est la première chose qui saute aux yeux. Hélas ce ne sera pas la dernière.
La musique, qualifiée par certains de transcendantale (pour ma part simplement woodstockienne) et dont l’un de mes collègue à choisi de dire qu’elle "tirait le film vers le haut" est complètement déphasée du film. En soit, cette musique psychédélique n’est pas totalement abjecte, surtout quand on est dans un café-débat où le café a cédé sa place depuis longtemps à l’alcool, mais les envolées chromatique qui se déchaînent pendant qu’il ne se passe ... rien, C’est navrant.
Reste les acteurs et actrice. On se situe au niveau de la série Z, et franchement, pas des meilleurs. On préférera une belle femme scorpion à ces gens qui débarquent on ne sait d’où.
Mais toujours la question qui traîne : ca parle de quoi. De trafic de drogue principalement et de femmes dénudées secondairement (attention, rien de choquant). D’une tueuse qui nous dit avec aplomb (et ça reste le moment culte du film selon moi) : "quand je prie, je tue". Voilà le ton est donné, tout est dit, il vous reste maintenant à choisir un alcool de préférence bien fort, de vous mettre dans le noir, de prendre une japonaise avec vous pour vous corriger les traductions et de vous laisser prendre dans ce compte de femme yakuza (ce qui, soit dit en passant n’existe pas).
Pour ceux qui souhaiteraient lire une vraie critique d'un expert du domaine, je vous conseille
ce site. Pour ma part je trouve que c'est vraiment exageré et j'ai trouvé Female Yakuza Tale plutôt exaspérant, mais bon ...