Claire Dolan est une prostituée, ma foi plutôt de luxe au vu des tarifs pratiqués (remarquez que j'en sais rien, mais mon bon sens me dit qu'une pute "normale" ne prend pas dans les 5000 francs...), qui fait ce métier non pas par choix, bande de pervers, mais pour rembourser une dette. Donc si on veut être clair (Dolan, hahaha... pardon), on peut dire que son créancier est devenu son proxénète. C'est Colm Meaney qui s'acquitte du rôle du salaud, et Katrin Cartlidge celui de la péripathéticienne.
Avouons-le, ce n'est pas un métier d'avenir, et la retraite arrive trop tôt pour se faire un pécule suffisant, surtout si on doit tout donner ou presque à son boss. Donc, Claire tente de s'affranchir, et quitte en katimini la Grosse Pomme pour aller dans un bled à côté, où elle rencontre un chauffeur de taxi.
Après s'être tapé le chauffeur (héhé on se refait pas) elle se fait repérer par son mac, venu de New-York, et qu'a mis peu de temps à la retrouver. Pas de violence ici non plus, sauf pour un pauvre chat qui passait par là, et qui se rétame la gueule de plusieurs étages. On s'en fout, il s'en remettra. Bref, la Claire repart vers son tapin, mais le chauffeur de taxi, qui est accroc, se demerde pour la retrouver. Décidemment, tout le monde trouve tout le monde, c'est marrant, mais moi à n-y chuis plutôt paumé, m'enfin...
C'est l'embrouille avec le taxi-man, elle lui demande juste de faire un gosse, pis elle réussi à rembourser sa dette, et elle change de vie.
Bon, j'aurais aimé vous en coller plus long, mais faut être franc, ce film raconte pas grand chose, mais il le fait bien. Allons plus avant.
Film à message(s), que certains peuvent trouver faciles (si si, on m'a fait le coup), très pur mais il faut l'avouer, très froid, peut-être trop. Alors si vous êtes venu ici directement sans avoir lu l'histoire, ce qui est votre droit le plus inaliénable, même si ca me fait chier parce que je me fatigue à la taper, mais bon... et d'ailleurs même si vous avez lu l'histoire, vous ne l'avez peut-être pas forcément remarqué (z'avez qu'à dire que mon résumé est pourri), mais il y a une prostituée, un mac, et un chauffeur de taxi, le tout à New-York. Alors qu'avant vous brilliez à question pour un couillon en répondant à ces indices en criant
Taxi driver, hé bien maintenant faudra y réfléchir à deux fois.
Effectivement, les points communs que je viens de citer sont flagrants... mais ce sont bien les seuls. Les deux films n'ayant rien à voir. Alors pourquoi je vous en parle, hein ? ben parce qu'immanquablement, des journaux vont, font, ont fait, la comparaison, et inévitablement des tarés qu'auront pas vu le film vont essayer de vous prétendre le contraire et vont vous dire ce genre de conneries. Et pis au passage je vous ai sauvé la vie à question pour un morpion.
Cet apparté sur
Taxi driver m'ammène (vous apprécierez l'enchaînement digne des plus grandes cuites de ppda) à vous parler de l'univers de
Claire Dolan. Je vous ai déjà glissé un mot sur sa fraîcheur, dans le sens où le metteur en scène abuse des couleurs froides, voire glacées, des axes (des immeubles géométriques, aséptisés et vitrifiés du début, aux axes routiers pendant le film), de l'absence totale de musique (le générique de fin crédite le film de 5 morceaux ? je les ai vraiment pas entendus), par contre les bruitages sont là : ronronnement de la ville, accentuation des bruits des vétements...bref, on se les gèle, et dès le générique, on comprend qu'on est pas là pour rire.
Si l'atmosphère globale du film est froide, il faut noter que la fin, elle, baigne dans la chaleur, avec en plus une Claire Dolan enceinte, donc rayonnante (par opposition à une relative maigreur, l'environnement froid de sa chambre). Ce contraste extrémement marqué peut effectivement dénoter un message par trop évident. Mais bon, c'est vraiment chercher des poux sur la tête de Kojak.
Parlons un peu des acteurs, puisqu'à part ce jeu de couleur, qui incombe d'ailleurs plus au directeur photo qu'au metteur en scène, il n'y a pas grand chose à dire sur lui, c'est filmé correctement, un peu appuyé peut-être. Les acteurs quant à eux, nous donnent le plus grand plaisir ; notamment
Katrin
Katrin Cartlidge
- From Hell
- Deux Filles d'Aujourd'hui
- Claire Dolan
, qui est vraiment une actrice prodigieuse, toute en douceur, tout au feeling, un touché épatant et sensible, qui nous transmet une foule de sentiments, sans jamais tomber dans l'excès. Le mac,
Colm Meaney
Colm Meaney
- Claire Dolan
, excèle également. Bon, le taxi, hum... ouais, il est certainement très bien, mais il fait un peu pâlot à côté des deux que je viens de citer.
Le scénario maintenant, car c'est quand même interessant, l'histoire. Hé bien il y en a un, si, qui en fait joue sur plusieurs faces d'un même dé. Désolé pour ma métaphore pourrie, mais j'en ai pas d'autre, là, sous la main. En fait, l'histoire n'a pas vraiment d'intérêt, du moins je n'en ai pas trouvé de saisissants, mais passe quand même quelques messages, qui pourront sembler démagos. Il en est toutefois un très intéressant, et plutôt glaçant (comme le film d'ailleurs, je vous l'ai dit ?) : au retour de sa première escapade, le premier client de Claire a été choisi exprès, pour la remotiver en quelque sorte, il est très tendre avec elle, et lui parle, lui explique les difficultés de la vie, vraiment on y croit, et puis là !baf! il lui balance, "il faut ne pas y penser", et hop, tient, suce-moi ça qu'on en parle plus et sèche tes larmes ! Vraiment dans la salle, on est soufflé, et on a envie de foutre des baffes.
Pour conclure, on peut donc dire que
Claire Dolan est un bon film, billant par son interprétation, un peu emprunté dans sa réalisation, mais surtout trop peu accessible. Ca parait con, mais j'ai aimé le film sans vraiment savoir pourquoi, quel était son intérêt, alors au risque de passer pour un débile, c'est vrai que j'aurais aimé un "but" plus clairement défini.