Nishi est un détective de la police d'une ville Japonaise (je sais pas quelle ville, j'ai pas percuté !). Sa fille est morte, et sa femme n'ayant pas supporté le choc nous a développé une leucémie. Cette dernière est donc à l'hôpital. Et comme Nishi doit assurer une planque avec un de ses collègues près de l'hosto, ce collègue lui propose de planquer seul pendant que Nishi ira rendre visite à sa femme. Pas de pot pour le collègue, il se fait tirer dessus et fini paralysé ! Ce qui attriste et culpabilise Nishi. Bref ils sont toujours à la poursuite du mec qu'ils planquaient au départ.
Ce mec est repéré dans une galerie commerciale et Nishi avec 2 de ses collègues y sont. Nishi saute au cou du criminel mais ce dernier se dégage (je simplifie). Les deux collègues de Nishi à ce moment se jettent sur lui. Re-pas de pot il en tue un, et blesse l'autre. Nishi l'abat froidement, puis, comme le gars l'a un peu chauffé, il fini son chargeur dessus.
Voilà Nishi avec sur sa conscience un collègue handicapé, et un mort (un autre réchappé de peu). Il veille à ce que ni l'un ni l'autre ne manque de rien. Le problème, c'est que Nishi, dégoûté, quitte la police et qu'il a pas de thunes. L'argent qu'il sort provient de Yakuzas à qui il a emprunté. Comme ca commence à faire beaucoup d'argent (ben y'a aussi l'hosto à payer !) les Yakuzas le tanent pour qu'il rembourse. Fallait pas ! Il esquinte méchament les émmissaires qui étaient venus lui faire cette demande. Puis il décide de régler ses dettes et d'emmener sa femme (condamnée) faire un voyage au Mont Fuji.
Pour se faire, il braque une banque, tout connement (pourquoi j'y ai pas pensé avant !). Puis il part avec sa femme. Le voyage ne sera pas forcément de tout repos, puisque les Yakuzas le font quand même chier (fallait toujours pas : ils se font tous buter) et ses potes flics veulent l'arrêter. Bon ben finalement il bute également sa femme, puis lui par la même occasion, marquant ainsi l'aboutissement de sa destiné, et celle du film par ailleurs.
Hana-bi est un film vraiment bouleversant. On ressort de la salle en essayant de faire le tri des impressions et des idées que le film nous a volontairement donné. En premier lieu, abordons le côté technique pour ensuite mieux cerner les messages censés passer.
La réalisation est très propre, sans artifice (le comble vu le titre !)(ha oui, hana-bi signifie feu d'artifice). La structure du film et du montage m'a rappelé
Sergio Leone
Sergio Leone
(rigolez pas !) notamment pour ce qui est de l'alternance de scènes lentes et de scènes très rapides, l'insert de plans fixes... bref, c'est peut-être moi qui délire. Passons ! Le film est très épuré, et la réalisation ne fait pas de vague, à un tel point d'ailleurs que c'est la première fois que je vois un superbe travelling multidirectionnel (waou) interrompu (?!) par un plan fixe qu'on sait pas d'où il nous le colle. La musique, et j'en parle maintenant par ce que la détailler ne vaut pas le coup (sachez juste que le jour ou elle passe sous les 200 F à la fNAC (voleurs!), je l'achète [Note : je me la suis faite offrir, ce qui n'empêche pas de continuer de dire que la fnac est une enseigne de voleurs]), est vraiment collée à la mise en scène et fait partie intégrante du montage.
Kitano
Takeshi Kitano
- Zatoichi
- Battle Royale
- Hana-Bi
faisant passer le plus de chose avec des images + silences, la musique n'est donc là que pour exalter les silences.
Les acteurs ont un jeu empreint de sobriété et de distance.
Kitano
Takeshi Kitano
- Zatoichi
- Battle Royale
- Hana-Bi
a mis le minimum de dialogue dans son film et on remarque une forte présence de monologue. De toute façon, une chose est sure, ça parle peu. La plupart des acteurs a déjà été dirigé par
Kitano
Takeshi Kitano
- Zatoichi
- Battle Royale
- Hana-Bi
dans
Sonatine et donc on suppose une grande complicité entre eux et une grande connaissance de leurs jeux mutuels, ce qui peut expliquer la limpidité de leurs prestations.
Parlons un petit peu de la photo, car elle le mérite. Les images sont superbes, bien colorées et bien cadrées. Rien à redire sur le plan technique.
Le scénario, d'une simplicité désarmante. Les plans s'enchaînent sans jamais poser de problème. Quelques points d'orgue volontaires dans cette partition, afin de mieux cerner les crescendos qui précèdent. Le montage du film sert parfaitement le scénario.
Que faut-il en retenir ?
Hé bien, sans se prendre la tête à palabrer pendant des heures, avec ce film mélant policier et romance, nous avons une porte qui s'ouvre sur une philosophie traditionnelle japonaise sur l'honneur et le devoir. La mise en retrait du soi par rapport à l'autre (connu) sans oublier le regard des autres (anonymes ou peu s'en faut). De plus le montage du film se veut une leçon de patience pour nous occidentaux : nous sommes en effet habitué aux films où les plans se succèdent rapidement, ne laissant pas le temps de digérer chaque idée exprimée (quand il y en a !), du coup, avec
Kitano
Takeshi Kitano
- Zatoichi
- Battle Royale
- Hana-Bi
, on se surprend à vouloir avec impatience la succession logique au plan vu, dans le délai le plus bref. Pas de chance,
Kitano
Takeshi Kitano
- Zatoichi
- Battle Royale
- Hana-Bi
impose un délai de réflexion, la scène vue n'étant jamais anodine, et qu'il semble hors de question de l'encaisser comme ça.
Honneur, mais également orgueil, dans la volonté de ne pas se laisser diriger sa vie par qui n'y a pas droit. On peut toujours écouter et prendre en compte les conseils des autres, à condition toutefois que ces derniers acceptent une notion de respect mutuel, ici, les Yakuzas n'ont pas cette notion et tant pis pour leur face.
Si on résume tous les sentiments abordés, articulés autour d'une histoire d'amour (d'ailleurs à ce sujet, vous remarquerez à quel point la pureté des sentiments est primordiale, quand vous verrez que l'amour de Nishi pour sa femme est platonique!), on remarque que ce film est une leçon de vie. L'aspect action/policier n'est présent que pour masquer les choses et les rendre moins accessibles.