Barry Lyndon
1975 - 3h 04m
une critique par Guns
Synopsys
Dans l'Angleterre du XVIIIème siècle, nous suivons les pérégrinations d'un jeune garçon, Redmond Barry.
Son histoire, qui nous mènera de son ascension jusqu'à sa déchéance en passant par son mariage et ses amours, nous rendra les témoins d'une époque.
Critique
Barry Lyndon, splendide épopée dramatique, est une fresque dépeignant avec brio la vie d'un homme ballotté par sa destiné. De nombreux ouvrages traitent de ce film, le considérant comme l'une des œuvres majeures de
Kubrick
Stanley Kubrick
- Eyes Wide Shut
- Shining
- Barry Lyndon
et conséquemment l'une des œuvres majeures du cinéma.
Cinématographiquement,
Barry Lyndon marque d'une pierre blanche le jardin du 7ème art. On retrouve dans ce film toute la maestria de
Stanley Kubrick
Stanley Kubrick
- Eyes Wide Shut
- Shining
- Barry Lyndon
avec une direction qui pousse au maniaque la gestion du détail. Les placements et les mouvements de caméra mettent tour à tour en avant Redmond Barry et son environnement. La mise en scène est du même niveau avec un double exploit : faire croire que
Ryan O'Neal
Ryan O'Neal
- Barry Lyndon
est un bon acteur et faire croire que
Marisa Berenson
Marisa Berenson
- Barry Lyndon
est une bonne actrice.
La construction du film nécessite pour
Kubrick
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- Shining
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plusieurs éléments extérieurs : une photographie particulière, à même de recréer l'ambiance de l'époque et de la rendre crédible, tant au niveau des intérieurs que des extérieurs ; une musique appropriée qui accompagne le sujet et s'incorpore à la notion de destiné ; une coordination des combats exemplaires, tant au niveau du particulier (les duels) qu'au niveau du groupe (les batailles).
Avant d'entrer dans ces détails, je tiens à régler une fois pour toute les problème des acteurs.
Ryan O'Neal
Ryan O'Neal
- Barry Lyndon
, alias Redmond Barry dans le film, est un pantin. C'est la marionnette du narrateur, la marionnette de
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et ce n'est effectivement qu'au statut de chiffon qu'il peut prétendre. Malgré toutes les tares dont l'individu se trouve affublé (faciès bovin et aussi expressif qu'une boule de pâte à pizza, incapacité à simuler des sentiments...) l'acteur passe incroyablement bien. Incroyablement parce qu'on ne peut pas y croire : on oublie l'acteur médiocre pour vivre les aventures d'un Barry médiocre.
Kubrick
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- Shining
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possède ce talent de placer le personnage sur un plan situé de telle façon que l'acteur ne peut jamais déposséder le film de son sujet, que cet acteur soit célèbre ou mauvais, sa personnalité intrinsèque et son aura seront immanquablement absorbés par le personnage que
Kubrick[/c met en jeu.
Un des acteurs les plus intéressant du film sera, de façon surprenante, [c=868]Leon Vitali
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, qui interprète Lord Bullingdon. Sa prestation, des plus moyenne, ne doit pas pour autant faire oublié qu'il sera avant tout l'assistant directeur de
Kubrick
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- Shining
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sur différents plateaux, dont
The Shining, où il s'occupera du jeune Dany Lloyd, mais également
Full Metal Jacket et
Eyes Wide Shut. Cette petite touche historique passée, je considère le chapitre de l'actorat comme clôt.
Techniquement, le film s'appui sur une des photographie les plus brillantes qu'on ait pu voir à ce jour. Novateur pour l'époque,
Stanley Kubrick
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exigea de
John Alcott
John Alcott
- Shining
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- Orange Mécanique
que les prises de vue se fassent en lumière naturelle. Quoi de plus simple en extérieur, quoi de plus compliqué en intérieur. Les éclairages à la bougie étant à cette époque un des problèmes les plus épineux pour les films historiques. Comment en effet gérer cette luminosité particulière, ce brouillard d'ombres, ces vacillement incessants et imprévisibles qui peuvent générer des troubles d'éclairage à tout moment.
Une disposition précise de bougies, et surtout leur utilisation en grand nombre permet de résoudre la plupart de ces questions. Reste cependant un point de détail plutôt pénible pour un directeur photo : l'objectif. Aucun objectif n'était capable de capter la lumière de la bougie et de rendre quelque chose de correct à l'écran. Qu'a cela ne tienne,
Kubrick
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fera développer et construire ces objectifs par son équipe à l'aide de bricolages d'une Mitchell et d'un objectif grande ouverture Zeiss (50 mm, F0.7).
A cette photographie somptueuse s'ajoute la véracité des costumes (Oscar pour cette catégorie). Un travail formidable de recherche a été effectué pour ne permettre aucune bévue.
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le voulait : nous regardons un documentaire sur l'Angleterre du XVIIIème siècle. Un ensemble homogène tourné dans le nord de l'Angleterre et voilà le visuel de
Barry Lyndon.
Musicalement, on retrouve encore l'utilisation de leitmotivs puisés chez les classiques. Sarabande de
Haendel
Georges Frédéric Haendel
- Barry Lyndon
et Trio pour piano, opus 100 de
Schubert
Franz Schubert
- Barry Lyndon
. Les arrangements de ces œuvres viennent toujours anticiper et créer une atmosphère particulière, adaptée à une situation précise (tragique pour ces deux leitmotivs). On remarquera en alternance l'utilisation de marche militaire ou danse folklorique, musique plus ponctuelle et dont l'écoute n'annonce rien de tragique ou d'important dans la destiné de
Barry Lyndon. Lorsqu'on sait l'usage que
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fait de la musique, comme acteur à part entière de ses films, on n'est pas étonné le moins du monde de l'importance qu'elle revêt dans
Barry Lyndon.
L'essentiel de la construction de
Barry Lyndon passe par son mode narratif : le commentaire. Ce commentaire est présent comme un additif à l'histoire. Ne l'entendez pas comme une partie prenante de cette histoire. Je m'explique, le film nous décrit les aventures de
Barry Lyndon, sa destiné, et la musique joue son rôle d'annonce en prédisant la destiné. Le commentaire vient s'ajouter à la musique ET au film pour, non pas nous dépeindre mais, nous permettre une implication différente à l'histoire. Cette "voix off" va par exemple casser les effets de surprise du film (exemple de l'annonce qui est faite que Barry restera sans descendance lors de l'anniversaire de son fils, nous informant qu'on va suivre sous peu la mort de l'enfant), et d'un autre côté omettre sciemment de nous prévenir d'autres détails (la mort truquée de Quin). Ce choix de rendre partie prenante (pas de l'histoire je le rappelle, mais partie prenante de notre perception) la voix off s'impose pour
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pour permettre de faire avancer son histoire de la façon le plus linéaire possible, en n'ayant pas à prendre le temps de nous montrer des points de détails qui modifieraient le rythme.
C'est un principe de narration qui, étant par lui-même subjectif, va nous permettre de mieux nous placer dans notre rôle de témoin de l'histoire.
D'une façon beaucoup plus subjective, que pouvons-nous retenir de
Barry Lyndon ? un film d'une grande envergure, qui frôle à avec le film de cape et d'épée, le documentaire, le film de reconstitution historique, le psychodrame. Une envoûtement complet, du début à la fin. Une vision satyrique de notre condition humaine et de notre destinée.
Barry Lyndon rentre pleinement dans le cadre de cette thématique essentielle à
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: l'étude de l'humanité (cf. critique d'
Eyes Wide Shut).
Au final on ne peut que conseiller pleinement la vision de ce film, qui reste un moment de pur bonheur cinématographique. A voir et revoir sans aucune modération.