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  • -Critique du film Alien³ par Guns par cineguns, le 21/01/01 à 09:26 - pas de réponses

    Alien³
    1992 - 1h 50m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Boum! Pour changer, Ripley se retrouve face à un alien de l'espace qui tue méchamment et en plus avec un rictus. Bon, alors sans déconner, je résume l'histoire brièvement, de toute façon c'est quand même bien toujours un peu la même chose.

    Alors la navette qui ramenait Ripley, le bout de Bishop le droïde, la fillette et les marines de la mort se votre sur une planète prison, où environ une poignée d'hommes double Y restent. Oui, je sais, une poignée pour un truc qui doit faire juste la moitié de la terre en taille, ça fait pas beaucoup pour l'entretien.

    Quoi qu'il en soit il s'avère qu'un alien était à bord, et que c'est lui le méchant qui a tout saboté. Ripley est pas contente. De toute façon elle apprend qu'elle en a un dans le corps. Après avoir plus ou moins réussi à se faire accepter par les YY elle décide de combattre les aliens qui prolifèrent.

    Bon je bâcle la fin : Ripley se suicide alors que les gens de la compagnie arrivent pour lui piquer le alien qu'elle a dans le corps (car ces gens sont au courant de tout, et plus encore puisqu'ils savent même que c'est une reine).


    Critique
    OK, j'ai peut-être donné l'impression d'un film moyen, dans la lignée d'Aliens, mais en fait il n'en est rien. Des 3 premiers, ce dernier épisode est de loin le meilleur.

    Pourquoi ? Tout d'abord, c'est mon pote Fincher[]David Fincher
    - Fight Club
    - Alien³
    - qui a par la suite eu la mauvaise idée de commettre Se7en - qui a réalisé. Ce monsieur, bien qu'adepte d'une caméra très mobile, genre qui file la gerbe, sait tout de même créer une ambiance.

    Je fais un break d'entrée : ici aussi, quelques scènes sont très pénibles, genre la course poursuite de Se7en qui à elle seule vaut la haine que je porte pour ce film. Cependant, contrairement à Se7en, où toute l'ambiance était plagiée sur Le Silence des Agneaux, l'atmosphère qu'il crée dans Alien³ est bien novatrice dans la série des Aliens. Dans mes critiques des films précédents, j'avais noté l'absence pitoyable d'un directeur photo digne de ce nom. Ici la photo est superbe et suffit à elle seule à donner un cachet au film. Les teintes chaudes sont magnifiquement rendues, et cela est non seulement possible du fait du scénar qui utilise la prison comme unité de lieu, mais également du fait de la bonne volonté de Fincher[]David Fincher
    - Fight Club
    - Alien³
    de se démarquer de l'absence d'esthétisme propre aux Aliens.

    D'autres points de réalisation sont également à noter : certains effets de lumière mis en opposition de plans, des travellings bien effectués (ne rigolez pas, j'en connais qui en foire allégrement), et un bon choix dans la taille des champs, notamment l'alternance entre les gros plans et les plans serrés qui donne plus de poids aux dialogues.

    Passons maintenant à d'autres points que ceux de la réalisation brute : la mise en scène et le jeu des acteurs. Les acteurs jouent ici de façon très agréable : le jeu est rigoureux, toujours une absence d'emphase à déplorer, il est surtout très juste. Fi de la rigolade minable d'Aliens, Sigourney[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    semble avoir retrouvée ici un poil de jeux, ce n'est toujours pas la panacée de La Jeune Fille et la Mort que, promis, je critiquerai un jour sur ce site, et on est encore assez loin de son jeu limpide et très puissant d'Alien la Résurrection (Alien Resurrection). Les autres acteurs sont bien également.

    Je fais ici un reproche à la mise en scène : les acteurs ont tous un jeu relativement proche et stéréotypé. Le metteur en scène n'a pas su tirer pleinement parti de ses acteurs, en ne les laissant pas s'exprimer librement. C'est du moins l'impression qu'on en ressort. Ok, l'impression que J'EN ressort.

    Parlons un poil zique : poil.

    L'histoire est par contre d'un banalissime affligeant. C'est bien dommage car c'est bien mené et raconté. Le rythme est assez agréable pour qu'on se laisse porter pendant toute la durée du film. Le point nouveau est la mort de Ripley. Cela a été la libération pour tous ceux qui conservaient l'immondissime souvenir d'Aliens (Aliens) dans l'esprit, mais un drame pour tous ceux qui se disaient : "tient, ça devient moins con et visible". Heureusement que rien n'est impossible à des scénaristes (cf. Alien la Résurrection (Alien Resurrection)).

    Au final, je considère le film comme très plaisant, je lui colle dans ses 3 claps que je pense bien mérités. On n'est pas encore au niveau du merveilleux épisode suivant, mais Fincher[]David Fincher
    - Fight Club
    - Alien³
    a ouvert une porte, notamment concernant l'esthétisme, que Jeunet[]Jean-Pierre Jeunet
    - Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
    - Alien la Résurrection
    s'empressera de franchir.
     
  • -Critique du film Aliens par Guns par cineguns, le 02/01/01 à 16:11 - pas de réponses

    Aliens
    1986 - 2h 17m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Ripley est récupérée après un séjour en hyper-sommeil de 57 piges. Sa fille qu'elle avait laissée à 9 ans est clamsée de vieillesse, mais bon. Au moins le chat est toujours vivant (cf. Alien). Elle se fait traiter de folle après avoir raconté son histoire, et restant très calme, demande juste à ses accusateurs d'aller faire un tours sur la planète concernée. Mais justement ses juges lui répondent que cela fait 20 ans que des colons y vivent, chargée de rendre la planète viable. Qui plus est, faut pas déconner tout le monde sait que la planète où Ripley a soi-disant eu des déboires est un vrai roc, sans âmes qui vivent.

    Ben ouais, mais les Aliens n'ont pas d'âmes, et ils ne sont pas des autochtones de la planète mais bien des étrangers arrivés là suite au crash d'un vaisseau. Alors comme le cinéma c'est magique, il faut savoir que cela fait 20 ans que des terraformers (colons) vivent tranquillou là-bas, mais qu'ils coupent tout contact avec la terre quelques semaines après que Ripley soit récupérée. Quelle superbe coïncidence qui va nous permettre de perdre encore 2 plombes. En effet, une famille de colon a trouvé le fameux vaisseau. (han la la...)

    Bon je ne sais pas comment je vais pouvoir décrire la suite de façon objective, mais je me lance. Ripley est réhabilité et devient conseillère d'un groupe de marines de l'espace de la mort qui en ont vu d'autres... Hahaha ce sont des hommes (et des femmes). Une fois débarqués sur la planète décolonisée, ils commencent leur sécurisation de l'endroit, et tombe sur le remplaçant du chat : la gamine. Jeune et sauvage, elle a réussi à échapper aux terribles Aliens (y'en a un paquet d'où le "s" du titre) en se planquant dans une aération et en ne se lavant pas pendant des mois.

    Ceci est très troublant, y compris pour le fameux Bishop, androïde qui va sauver la mise à Ripley, lui démontrant que tous les androïdes ne sont pas déviants. Bref on s'enlise, alors je fonce : Salut - stop tout plein militaire mort (font moins les kakous maintenant) - stop Ripley bishop môme en vie - stop 2 soldats meurent héroïquement - stop Bishop sauve môme pendant que Ripley tue méchante reine - stop Guns vénère - stop


    Critique
    HO PUTAIN !!!!

    J'avais déjà trouvé qu'on me prenait trop pour un con dans Alien, je trouvais que Cameron[]James Cameron
    - Titanic
    - Aliens
    avait tendance à avoir des problèmes de montage dans Titanic, mais alors là c'est le pompon. 2 h 30 de niaiserie à se pisser dessus de rire.

    Ce film aurait pu être très bon, dans la même veine que Starship Troopers, s'il avait pris le même parti de la dérision satyrique. Mais là, tout le monde se prend au sérieux. Et je vous assure que lorsqu'on voit une militaire d'1m50 faisant 42kg soulevant son joujou de 50 kg qui fait lance-grenade-feu-proton-bastos-shampooing-un-café-l'addition-merci, genre j'ai vu Rambo c'est une grosse tarlouze moi je me la pète... qui en plus fait la promo des armes en tout genre, du coupe-ongles à la tondeuse à gazon... FRANCHEMENT, on ne peut que se marrer.

    Eux non.

    C'est là le problème. Alors je me calme, je m'allume une clope... ok. Je ne comprends pas ce film... il ne peut plaire qu'à un gosse et pourtant s'adresse à des adultes. Alors en essayant de comprendre, je vais passer le temps en commentant le reste.

    La mise en scène. A proprement parler inexistante. Aucun soucis du détail, une mise en avant du ridicule, la direction d'acteur est à pleurer. Naze. Les acteurs : Sigourney[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    à son plus bas niveau, on se croirait dans Working Girl. Le reste à l'avenant. Y'a que mon pote l'androïde qui s'en sort les cuisses propres attendu qu'on lui demande de faire passer que dalle au niveau émotionnel... (si ça aide).

    La photo est minable, proche de l'amateurisme fauché. Les effets spéciaux concernant les bestioles sont toujours au point, très bien réalisés (y'a un bonhomme dans Alien au fait). Mais alors... le vaisseau qui pu la maquette à 4 francs 12 de chez carrefour en incruste sur une photo d'un ciel étoilé du sud de la Pologne, franchement c'est limite proche du foutage de gueule !

    Allez zou, je parle de la musique pour dire que ça ne vaut pas un clou.

    Bon, mais alors qui est le connard qui nous a pondu le scénar... hou là, mais ils sont un paquet. Cameron[]James Cameron
    - Titanic
    - Aliens
    en tête, l'histoire est de lui. Merci mon gars, suicide-toi ça me fera des vacances. Comment ce film a pu plaire à certain, c'est pas possible. N'essayez pas de me dire que le coté comique est volontaire je n'y crois pas une nanoseconde Enfin, il est quand même là et je mets un clap pour ça : j'ai passé les 2h30 du film pété de rire en piquant une poupée vaudou à l'effigie de Cameron[]James Cameron
    - Titanic
    - Aliens
    . Faites comme moi, ça aide.
     
  • -Critique du film Alien, le Huitième Passager par Guns par cineguns, le 01/01/01 à 16:04 - pas de réponses

    Alien, le Huitième Passager
    1979 - 1h 54m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    A bord du Nostromo, Mother réveille ses ouailles : un message codée en supra binaire vient d'être capté. Il est d'origine inconnue, et comme je vous l'ai dit, son codage est trop fort pour qu'on puisse le décrypter dès le début du film.

    Les sept sbires qui se réveillent sont tous très en forme, la cryogénie ça marche à fond, je vous l'ai déjà dit, donc prenez des actions d'ors et déjà. Bien que certains membres gueule en précisant que c'est un navire marchand et que ce n'est pas stipulé dans leur contrat d'explorer des planètes reculées pour aller vérifier un signal, l'équipe s'y résout, et zou, tout ce petit monde se retrouve sur une planète hyper hostile avec des vents à décorner tous les cocu de alpha du centaure.

    Bon, comme on y va, là, ça n'avance pas, alors je vais speeder un peu le rythme de mon résumé (bien que ce ne soit pas ça qui va faire speeder le rythme du film). Sur la planète méchante, ils trouvent les restes d'un vaisseau que perso j'aurai trouvé suspect, ils décident d'y entrer et découvre une sorte de couveuse géante où des miyons de petits oeufs séjournent dans l'attente d'une main amie pour venir les nourrir.

    De retours au bercail avec l'un des chtiots tout fraîchement éclot (il s'est jeté sur la gueule de l'un des gars), l'équipe perplexe tente de comprendre. Il réussisse à tuer le machin, et tout rentre dans l'ordre. Du moins le croient-ils. En effet, la chose n'avait fait que pondre un oeuf dans le thorax du gars, et la bébête en sort gentiment... bref c'est Alien, et c'est connu je vous fait pas un dessin.

    Plutôt que de buter le monstre qui sort tant que cela est possible, ils restent tous bouche bée et attendent que le streum se carapate. S'ensuit une traque de la mort qui flingue où on se demande toujours qui traque qui ?

    Ca se finit dans l'apothéose, avec la mise Ripley qui récupère son chat, et qui se barre en faisant tous péter, un peu à la Stallone.


    Critique
    Alien marque une évolution importante dans le domaine de la SF au ciné : les extra-terrestres ne sont pas tous des petites peluches gentillettes qui gloussent dans les arbres ou qui réclament leur maison ! Nan, ça peut aussi être des chiens, des saloperies de vermines qui sont aussi facile à éradiquer que des cafards dans un grenier.

    La mise en scène est plutôt faiblarde, entendez par là que malgré la tension ambiante, vous n'allez pas sursauter à chaque minutes. Pas de montage serré comme les cordons de la bourse d'un producteur, pas d'esbrouffe, même pas une jolie photo pour rattraper le tout (il faudra attendre le troisième volet pour cela).

    Les acteurs font un bon boulot, et jouent juste. Pas de chichi non plus à ce niveau là. Je ne relèverais pas la performance de Sigourney Weaver[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    car elle ne vole pas plus haut que celles des autres.

    Le point fort d'Alien ne réside pas non plus dans la musique, totalement inconsistante, mais plutôt dans son approche de la thématique SF, comme je l'ai préciser en introduction. Par contre, force est de reconnaître que cette approche audacieuse et forte intéressante n'est servie en rien par un scénario à la limite du foutage de gueule !

    Je m'explique. Désolé pour ceux qui place Alien sur un piédestal, mais il serait peut-être temps de l'en redescendre. Le scénario est béton, très bien enchaîné (problème de rythme dû au montage à mon sens, mais non imputable au scénar), élimination des protagonistes au goutte à goutte, montée de la tension... bref, que du bon. Mais pourquoi sacrifier une fin avec des rebondissements minables (et j'insiste) et surtout nous prendre pour des cons au passage. Que le premier qui est la victime d'une traque à mort, dont ses chances de survie frisent le zéro absolu, qui rebrousse chemin pour affronter les pires emmerdes pour récupérer un putain de chat me jette la première pierre ! Mais franchement, c'est risible de non crédibilité ce truc.

    Bref, la fin est pour moi une fin bâclée, qui sape un peu le reste du film. Non seulement on nous prend pour des cons, mais qui plus est ces diverses rebondissements sont télégraphiés et se ressembles, ce qui fait que la fin se déroule en absence de tension, de pression sur le spectateur, et qu'elle devient synonyme de sentier imposé vers le générique salvateur.
     
  • -Critique du film Alien la Résurrection par Guns par cineguns, le 01/01/99 à 15:56 - pas de réponses

    Alien la Résurrection
    1997 - 1h 50m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Nous sommes dans un grand vaisseau spatial, qui flotte dans l'espace au gré des désirs de son pilote. Dans ce vaisseau, il y a des militaires, mais aussi des scientifiques. Ces derniers, bien que l'on soit dans le futur, auront toujours leurs saloperies de blouse blanche et de scalpel à deux balles... hum pardon, je m'éloigne. Donc il y a des scientifiques. Comme le scientifique et le militaire s'entendent à merveille pour faire des conneries, ils en font. En l'occurrence, il s'agit de cloner un individu à partir d'ADN de cellules sanguines. Après plusieurs essais infructueux, ils obtiennent un individu que l'on pourrait qualifier de ... lieutenant RIPLEY!!! (Mais pourquoi je hurle comme ca moi ? De toute façon dans l'espace personne de m'entendra crier).

    Ces chiens donc, ont cloné Ripley, deux cents ans après son suicide. Je sais pas si vous vous rappelez, mais si elle s'était auto buté, c'était parce qu'elle portait un Alien en elle. Ben là, en la clonant, ils ont cloné aussi l'Alien, donc elle le porte. Les chirurgiens lui enlève en l'opérant, ce qui est mieux que d'attendre qu'il sorte comme un grand. L'Alien qu'ils lui ont ôté est une reine, donc elle va pondre. Les militaires ont fait venir un cargo pirate qui ramène des humains mis en cryogénies (je pas sûr du mot je désole) pour pouvoir incuber les œufs d'aliens. Bon, et pendant ce temps, ils conservent Ripley en vie. Cette dernière est douée d'une grande force et d'une très grande sensibilité (rapport aux cinq sens, mais aussi au sixième).

    Ce qui devait arriver arriva ! Les bestioles se font la malle. Et en plus elles montrent à mon sens plus de sadisme que dans les épisodes précédents. Le vaisseau ne tarde pas à être envahi pas les Aliens. C'est la panique, l'évacuation totale - et un peu foireuse - genre Titanic (note post critique : cette phrase a été pondue bien avant le na..film pondu par Cameron). Les membres du cargo pirate sont bientôt les seuls "humains mobiles". Ils embarquent Ripley avec eux. C'est la fuite. Ils veulent repartir vers leur vaisseau, et c'est le parcours du combattant.

    Bon, ils y arrivent quand même à leur vaisseau, mais ils ont un Alien d'une nouvelle race avec eux, que Ripley exécute avec regrets. C'est sa descendance tout de même !

    Voilà. Je veux pas en dire plus parce que j'estime avoir tout dit de ce qu'il fallait savoir.


    Critique
    Rhaaaaa bonheur. Film génial. Nouvelle dimension apportée. Détails :

    Réalisation :
    Magistrale. L'utilisation de couleurs chaudes est toutefois un peu abusive, et contraste avec certains silences, plus à même de supporter des couleurs froides. Comme toujours avec Jeunet[]Jean-Pierre Jeunet
    - Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
    - Alien la Résurrection
    , peu d'espace, beaucoup d'occupation par des éléments du décor. Décors au demeurant très aboutis. Ses mouvements de caméra sont très fluides et harmonieux, seul la fin saccade pour dénoncer un mouvement de rapidité et de panique. Mais cela reste acceptable et n'est pas excessif.

    La musique reste très dans l'esprit des films précédents, et fond bien dans le cadre du film. Elle intensifie les moments importants.

    Les acteurs :
    Sigourney Weaver[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    démontre une fois de plus son talent d'actrice. Elle est parfaite et on peut dire qu'elle a parfaitement intégré à son personnage la composante affective qui lui était demandée. (Au passage, pour ceux qui ne l'ont pas vu, je conseille La Jeune Fille et la Mort où son interprétation est à tomber). Les autres acteurs cadrent parfaitement avec l'esprit Jeunet[]Jean-Pierre Jeunet
    - Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
    - Alien la Résurrection
    , avec des gueules pas possibles. On retrouve d'ailleurs Dominique Pinon[]Dominique Pinon
    - Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain
    - Alien la Résurrection
    , acteur fétiche (et il le mérite) du réalisateur. WinonaphotoWinona Ryder
    - Black Swan
    - Alien la Résurrection
    m'a un peu gêné par son interprétation, je ne sais pas trop quoi en dire, elle joue bien, certes, mais je n'irai pas dire qu'elle joue juste, c'est peut-être ceux qu'il y a en face qui donnent cette sensation.

    Le scénario :
    Difficile d'imaginer une suite plausible après Alien³. Pari gagné. L'histoire tient très bien la route, pour peu qu'on aille pas chercher trop loin. L'intérêt avec les Aliens, c'est que tout est possible et donc on ne peut pas vraiment s'attendre à la fin, on ne sait pas qui va mourir, qui ne va pas. Ceci maintient sur le spectateur une pression constante, heureusement bien relâchée de façon ponctuelle par des traits d'humour. Humour pas direct par ailleurs, mais présent surtout dans le jeu de Sigourney[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    .

    La composante affective, dont je parle avec insistance depuis le début, est quelque chose de nouveau dans les Aliens, même si elle commençait à poindre dans le troisième volet. Ici, elle est capitale, et très bien rendue. La créature peut même attendrir, c'est pour dire.

    Bon, noircissons un peu le tableau tout de même avec la série foutage de gueule du scénario : le coup du clonage en premier. Elément pourtant primordial, mais absolument pas crédible. En effet, dans l'histoire, les gènes de Aliens sont mélangés aux gènes de Sigourney[]Sigourney Weaver
    - Alien la Résurrection
    - Alien³
    - Aliens
    . Impossible, car pour qu'il y ait mélange des génomes, il aurait fallu une première descendance issue d'un croisement entre Alien et Ripley, or dans mon souvenir, il y a juste eu un Alien dans Ripley. De plus, en admettant que les gènes soient intégrés, on aurait une créature résultante, et non pas une Ripley ayant intégré des caractères phénotypiques de l'Alien, ET possédant dans son thorax un fœtus d'Alien.

    Autre point sur la fin, au niveau des pressions. Dans le cargo pirate, pour se débarrasser de l'Alien, Ripley détruit une vitre, ce qui créé une dépressurisation (dans l'espace, hum) et cela provoque l'aspiration de la créature. Soit, mais bon, comment qu'il respire ? Je veux bien admettre que WinonaphotoWinona Ryder
    - Black Swan
    - Alien la Résurrection
    est un robot et qu'elle s'en fout et que Ripley est un mélange d'Alien mais qu'elle puisse respirer sans aucune atmosphère et donc sans aucun élément autre que du vide me pose problème. Dernier point, dans leur arrivée sur Terre, on voit Ripley et WinonaphotoWinona Ryder
    - Black Swan
    - Alien la Résurrection
    debout devant cette fenêtre cassée, en train d'admirer la terre. Ils sont au-dessus des nuages ! donc, il y a forcément (à ce niveau là, pasque dans l'espace, pour ce que j'ai dit plus haut, j'en suis pas sûr, chuis pas astronaute moi, et encore moins physicien) une aspiration qui doit se créer. Alors oui, certains me diront que comme il y a eu dépressurisation auparavant, l'équilibre des pressions s'est créé, et donc pas de soucis... ouais, mais bravo les pilotes alors.

    Bon, je sais que c'est s'obscurcir le plaisir que de pinailler sur des détails de ce genre, n'empêche que moi, c'est les trucs qui me bloquent. Ca ne m'empêche pas de mettre la note maximum au film, pour les deux heures de bonheur procurées.
     
  • -Critique du film A tout jamais par Guns par cineguns, le 10/07/04 à 15:31 - pas de réponses

    A tout jamais
    1998 - 2h 01m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Cendrillon, pour ses vingt ans, est la plus jolie des enfants. Son bel amant, le prince charmant, la prend sur son cheval blanc. Mais hélas, elle n’a pas de robe pour aller au bal. Heureusement, le bon fé Leonard de Vinci invente la chute américaine.


    Critique
    Soyons sérieux quelques nanosecondes. QUI peut oser pondre des scripts aussi idiots, et surtout QUI est encore plus stupide pour pouvoir accepter de les produire ? Sincèrement si quelqu’un a une réponse, je suis preneur, je connais des gens qui bossent à St-Anne.

    Je ne sais même pas par où commencer tant ce genre d’immondice peut me rendre au bord de l’hystérie. Déjà on peut dire que la réalisation est proprette, à la limite du téléfilm avec des moyens. Le choix de certains cadrages frôle même l’audace et se révèle payant. La photo est jolie, fortement contrastée, elle met bien en valeur les costumes (très beau travail sur les costumes).

    Les acteurs font leur travail, du niveau du sitcom globalement, ça n’est même pas choquant. Drew Barrymore[]Drew Barrymore
    - Charlie's Angels 2: les anges se déchaînent
    - Charlie et ses Drôles de Dames
    - A tout jamais
    est mignonne, c’est bien. Voilà. Anjelica Houston[]Anjelica Huston
    - A tout jamais
    est même carrément bonne dans son rôle de marâtre odieuse. Non en fait, on ne peut pas vraiment en vouloir aux acteurs. Ils s’amusent et nous donnent du plaisir.

    Voilà, le film vaut entre 2 et 3 claps.

    Mais en fait non. C’est là la blague. Le réalisateur filme une histoire, les acteurs jouent des personnages. Et là, c’est le choc. On tombe dans le guignol, le ridicule, l’ultime honte. Rien ne peut à mes yeux être une raison valable pour acquitter les scénaristes et empêcher leur exécution par torture. Ce n’est pas Perrault[]Charles Perrault
    - Le Petit Poucet
    - A tout jamais
    qu’on assassine, c’est Perrault []Charles Perrault
    - Le Petit Poucet
    - A tout jamais
    qu’on exhume, qu’on torture, humilie, et qu’on laisse moisir en plein soleil.

    Basé sur le Cendrillon de Perrault[]Charles Perrault
    - Le Petit Poucet
    - A tout jamais
    , le scénario décide de faire de Cendrillon une forte tête (bon déjà on perd toute la base de Perrault[]Charles Perrault
    - Le Petit Poucet
    - A tout jamais
    et son intérêt moral lors de sa rédaction, mais bon, passons), puis comme c’est déjà hilarant mais qu’on veut en faire plus, hop, on dégage la marraine la bonne fée, et on colle à la place ... Leonard de Vinci. Oui. Si si, je vous jure, je ne mens pas, ce n’est pas mon genre.

    Honnêtement, on rigole au début, à peu près une poignée de minute, puis on se rend compte que ce n’est même pas ironique. C’est simplement idiot. Rien de plus, rien de moins, aucune analyse poussée à faire. C’est certainement fait pour satisfaire un public non pubère ou alors un public qui trouve l’oeuvre de Perrault[]Charles Perrault
    - Le Petit Poucet
    - A tout jamais
    trop larmoyante (quand ils l’ont lu). Je ne vois que ça. A la limite je me serais attendu à voir Cendrillon faire du kung-fu histoire de plaire aux petits gros sur leur canapé qu’on doit impérativement préserver de toute forme de culture quelle qu’elle soit.

    Pour conclure avant que la bave n’inonde mon clavier de nouveau, nous avons là quelque chose de rare, un film qui aurait pu être très sympathique mais basé sur une bouse infâme de scénario, même pas bon pour être utilisé comme PQ pour boeuf diarrhéique. Outre le fait que les auteurs devraient être passés par les armes, toute personne ayant pris un quelconque plaisir (autre que celui jubilatoire de déverser son fiel dessus) à voir ce film aussi d’ailleurs.
     
  • -Critique du film A Scene at the Sea par Guns par cineguns, le 01/01/99 à 15:12 - pas de réponses

    A Scene at the Sea
    1992 - 1h 40m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Shigeru est un jeune éboueur, sourd, muet, mais beau. Ramasser les poubelles étant certe un boulot lui convenant, son entourage se limite à ses collègues de travail et à sa copine, qui contrairement à ce qu'on pourrait croire (elle prononce au max 2 mots dans le film) n'est pas sourde, ni muette.

    En parlant de mouette (haha.. transition superbe) tout ceci se passe dans un bled proche de la mer, et quelques jeunes passent leur temps à surfer. Shigeru s'en fout, mais découvre une planche cassée dans une poubelle. Il décide de la réparer et de se mettre au surf. Sans conseils, sans professeur, sans combinaison, mais en t-shirt il fonce dans l'eau et .... se vautre. Ben c normal quand on débute.

    Les autres jeunes se moquent de lui, mais finissent par admirer sa perseverance. Après avoir pété sa planche, il s'en achète une vraie. Le vendeur du magasin est un gars sympa et le prend sous son aile. Il décide de l'inscrire à une compétition, mais ça ne marche pas... le gars n'entend pas son nom à l'appel. Forcément, vu qu'il est sourd.

    Finallement, la deuxième fois, il gagne un prix, non pas le premier, faut être réaliste aussi, mais un prix. Il est content, mais son rêve doit certainement être plus loin que cela, car il disparait et sa copine nous sort : il est devenu poisson.


    Critique
    Un film de plus de Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , réalisé en 1992, c'est son troisième film. Comme ça vous êtes fixé si un crétin vous sort que c'est son dernier ou son premier. Manqué c'est ni l'un ni l'autre et tient mange toi une baffe au passage. Sautons cette petite introduction pour attaquer le film.

    Ce film est un des plus personnel de Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , du moins à ce que j'ai pu en voir. Il n'a bien sûr pas la force ni la magnificience de Hana-bi, mais il est peut-être plus intime. Comme à l'accoutumé, on va se manger vite fait bien fait les aspects cinéma pour se plonger dans l'histoire et ce qu'on peut en retirer.

    La réalisation ne demande vraiment pas qu'on s'étende dessus. Tous ceux qui ont vu du Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    savent qu'il n'y a pas vraiment de reproche possible à faire à ses films, même aux premiers. La réalisation est très musicale, posée, en alternance de plans fixes et de travelling. Bref, le film nous berce au rythme de la mer. La musique qui accompagne le film rentre en plein dans ce trip, et c'est d'ailleurs la première collaboration de Hisaishi[]Jô Hisaishi
    - Le Petit Poucet
    - Hana-Bi
    - A Scene at the Sea
    et de Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , qui par la suite resteront souvent ensemble. Contrairement à la musique d'Hana-bi, celle-ci ne mérite pas d'être écoutée seule (j'entend sans le film), c'est du moins mon humble avis.

    Les acteurs jouent à merveille, et les rôles ne sont pourtant pas les plus faciles. Des comiques comme des tragiques, tous les personnages assument à merveille leur caractère. Du naturel qui transmet de l'émotion. Bref, ce que devraient nous donner tous les acteurs qui se prétendent l'être (acteur). La photo est très agréable, mais n'a pas l'éclat d'Hana-bi. Elle se raproche en fait plus des couleurs de Violent Cop.

    Pourquoi je fais souvent référence à Hana-bi : pour deux raisons principales. La première est qu'Hana-bi est pour moi le meilleur des Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , et j'ai donc parfaitement le droit de m'en servir comme seuil de comparaison. Et pis c'est mon site, je fais ce que je veux. La deuxième est que pour ceux qui ont vu Hana-bi, vous devez vous souvenir que la fin se situe sur la plage. Et hop, dans ce film de surfeur, nous revoici sur la plage, nous revoici avec un couple qui regarde la mer.

    La mer... qu'on voit danser.heu. Oui, ceux qui ont eu la chance de découvrir Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    savent que la mer est chez lui un élément très important. Lors d'une interview, il a déclaré que la montagne lui inspirait un sentiment de paix, tandis que la mer lui faisait faire des cauchemars, notamment celui d'avancer vers elle et de s'y noyer. Lorsqu'on voit A Scene at the Sea, on ne peut que se dire que ce film est un exorcisme de ces sentiments, et que le héros du film n'est qu'une projection de Beat Takeshi[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    .

    Non, je ne vais pas chercher très loin. On sait, car il l'a dit, que la mer lui inspire une sorte de crainte qui le tétanise. Donc on peut parfaitement voir une assimiliation entre le fait d'être tétanisé et le fait d'être sourd/muet. Bref, ne rien pouvoir dire pour lutter. Quand qui plus est on voit à la fin du film notre jeune surfeur s'avancer vers l'eau, nul n'a besoin d'être prophète pour deviner la suite, et elle arrive la suite. Quand la mer recrache la planche de surf, sans le bonhomme, personne n'est surpris.

    Une des choses assez étonnante est justement ce parti pris de nous montrer un héros sourd/muet, et d'un autre côté de faire jouer tout le film par la mer. Et la mer n'est pas silencieuse. Elle parle, elle commnunique. C'est certainement l'élément le plus communicatif de tout le film d'ailleurs. Or, Shigeru ne peut l'entendre. Ceci renforce cette impression d'incompatibilité entre la mer et le Shigeru/Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    .

    Comme Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    est de formation clownesque tout de même, il nous balance des clowns dans son film, au travers de deux confrères à Shigeru. Ces deux-là s'essayent aussi au surf. Ce ne sont pas des sous-élements du film (ce serait mal connaître et apprécier Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    ), mais bien des soupapes. Le film, même si il est d'apparence légère, n'en est pas moins très lourd. Comprenez que si vous n'avez pas un moral très en forme, ce n'est pas ça qui vous arrangera.

    On peut quand même se "consoler" en se disant que Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , voulant appaiser son Dieu/Mer (notamment par cet acte d'offrande de la fin, quand la copine fixe la photo de leur couple sur la planche de surf et la renvoie à la mer, et dit que Shigeru est devenu poisson, c'est-à-dire qu'il est accepté, integré par la mer) a totalement raté son exorcisme, contrairement au film qui lui est réussi, car il est encore engoissé par la mer. Ce qui peut expliquer cette sorte d'omniprésence dans ses films de cet élément.

    Au final, un film a voir réellement si vous le pouvez, je pense que vous apprécierez. Si vous n'avez pas aimer les autres Kitano[]Takeshi Kitano
    - Zatoichi
    - Battle Royale
    - Hana-Bi
    , ce qui est dommage pour vous, vous pourrez peut-être aimer celui-ci. On retrouve vraiment la patte du metteur en scène, mais le thème, intimiste à l'extrême, peut vous toucher plus.
     
  • -Critique du film A Mort la Mort! par Guns par cineguns, le 04/09/99 à 15:01 - pas de réponses

    A Mort la Mort!
    1999 - 1h 30m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Thomas est un homme (ça au moins on en est sûr), qui travaille dans je sais pas quoi et qui cocufie la femme qu'il n'a pas. En fait, Thomas est un soixante-huitard qui passe le plus clair de son temps à baiser tout ce qui traîne, enterrer ses potes (et baiser leurs femmes), et réciter son texte.

    Bon, tout commence lors d'un enterrement, puis s'enchaîne une réunion des militants anonymes, puis vient une chtite scène où l'on voit le monsieur tout nu, puis... et en fait, il ne se passe pas grand chose. Ha si, une sorte de satyre en imper traumatise ses copines, sa famille, et donc ça énerve Thomas.

    Que dire de plus sur un film dont le scénar doit certainement tenir sur une de mes cartes de visite.


    Critique
    Audacieux, mais je manque certainement trop de recul pour apprécier !

    Comme dirait ce cher Koffe (je sais... ça s'écrit pas comme ça... et patati et patata, mais vous faites que m'en vouloir!) : "Mais c'est d'la merde". Et pour une fois il aurait raison. Ce film pompeusement intellectualiste, qui martèle à tout bout de champ de symboles, ne peut même pas être sauvé par son cynisme, et dieu sait pourtant que j'aime le cynisme.

    Alors d'entrée de jeu, autant dire que Romain Goupil[]Romain Goupil
    - A Mort la Mort!
    (dont le fameux nom nous rappelle à tous ces ordinateurs merdiques des années 80) ne sait ni réaliser, ni jouer. Pas de chance, il fait les deux. Je n'ai de mémoire jamais vu un humain se qualifiant d'acteur jouer aussi mal. Jamais. Alors on pourrait objecter que c'est un style volontaire pour créer un distanciation entre ses propos et son être, mais ça foire lamentablement. Les autres acteurs, majoritairement actrices par ailleurs, sont bien à la hauteur du metteur en scène. La blondasse hystérique possède une crédibilité avoisinant la température de l'azote liquide, et ces connards m'ont en plus trouver le moyen de me coller Brigitte Fontaine ! Manquait plus que charlie et lulu pour que la fête soit totale...

    Mais il n'y a pas que les acteurs dans un film, (et heureusement pour celui-ci serait-on tenter de dire). Il y a aussi l'ensemble technique de la réalisation, avec notamment l'importance de la photo et de l'ensemble musique/bruitage...

    HAHAHAHAHAHAHAHA...snif

    Putain, la musique est inexistante, la photo rappelle "52 sur la une", et les bruitages sont en son à prise directe, pas de post-prod sonore sur ce film, c'est clair ! Navrant. Alors oui, c'est normal, c'est un cinéma qui se veut néo-réaliste, et donc il faut impérativement respecter les codes du genre, prise directe du son, caméra postée dans la recherche de l'angle le plus véridique, on ne doit pas entrer dans le film, mais bien le visionner.

    Ben moi ça me fait chier.

    Détaillons un peu le raté. tout commence par une scène assez stylisée (extrémément codifiée et comprenant tout les clichés possibles, mais l'effort esthétique avait au moins le mérite d'être présent) d'un enterrement sous une fausse pluie minable, avec Cohn-bendit (je sais pas comment ça s'écrit et franchement j'en ai rien à foutre, les commentaires c'est sur le forum que vous me les envoyez OK ?!) en prime. Puis Thomas qui monte sur une tombe et gueule "à mort la mort", comme ça vous êtes sur de pas vous êtes planté de salle. S'ensuit une séance aux militants anonymes, ou on entend pour la première fois Romain Goupil[]Romain Goupil
    - A Mort la Mort!
    parler. Et là c'est bien, parce qu'on se dit, il se donne le genre décalé, déphasé total, et ca colle avec la scène. Ben non, il jouera comme ça tout le temps (jouer v.t.ind. 12. chercher à se faire passer pour quelqu'un que l'on n'est pas ; v.t. 12 tromper, duper quelqu'un (c) Larousse) et c'est pas agréable du tout.

    Quoi qu'il en soit, après cette entrée en matière on est en droit de s'attendre à un film éclectique, où le réalisateur aura un vrai parti pris et qui fera un effort de mise en scène. Que dalle.

    Le reste du film est très saoulant, mais vraiment pénible même. Et c'est essentiellement à l'absence de jeu de ce crétin de Goupil[]Romain Goupil
    - A Mort la Mort!
    que l'on le doit, il récite de façon monophasique et monotonique son texte. Un texte qu'il a lui-même écrit et dont on aurait espéré qu'il s'en imprègne et en dégage des convictions. Mais non, il est bien trop occupé à filmer ses symboles que sont (1) l'association mort des proches/anéantissement de ses idéologies, (2) Polygamie/Sirène temptatrice du capitalisme moderne dans lequel le héros s'ancre car il a perdu ses convictions (cf. 1) et (3) le pervers chiant/consience que souvent on matérialise sous forme d'un chtit ange sur une épaule.

    HA PUTAIN parlons-en des anges !! tient ca vient de me revenir. Le débat sur des idéos à balle deux d'il y a trente ans, avec une jeune fille pas trop mal foutue (et qui pour un peu paraîtrait actrice) qui se déssappe, et sur fond d'anges (sexués !) vieux et nus apparaissant de ci de là.... merci, mais là par contre pour la symbolique je flanche. Trop de pistes pourraient être explorées, mais aucune n'est en rapport direct avec le film.

    Alors j'ai parlé plus haut (si) de cynisme. Kesako ? et bien de temps à autres, un éclat d'humour que je ne qualifierais jamais de noir, mais par contre de cynique apparaît et éclairci le film. Comme par exemple le délire que se tape le mec avec ses vaches, son beurre et sa bourse... moi perso j'ai bien aimé le trip et aussi la référence L'Homme Pressé. Et puis il y a des bons mots de temps en temps. Au final le film a un effet comique relativement insoupçonné (et surtout insoupçonnable).

    Scène de choc, quand il est au restau avec une de ses poupée, et que toutes ses maîtresses sont là (rappelez-vous les sirènes) et qu'elles sapent son coup avec la jeune et fraîche fille qui possède encore des idéos (et oui, je sais ce que c'est moi aussi j'ai été jeune), et là... le gars Thomas se retrouve en bébé. Matérialisant ainsi l'étape de transition, de balayage de toutes ses anciennes convictions... victoire du capitalisme (yahou).

    Le coup de grâce... la fin. Le coup du "embrasse-la" braillé par 500 crétins (j'ai presque eu le temps de les compter tellement la scène est longue et chiante) dont Higelin dont tout le monde se demande encore que fout-il là. Alors là aussi, tous les symboles sont réunis, puisque l'invective est d'embrasser sa "femme", donc d'arrêter de flirter, de se disperser. Il faut qu'il entre dans le rang de la vie familiale, père responsable et responsabilisant, conjoint convenable et convenant... Ouais, embrasse-la.

    Naze ! Bon, alors c'est triste, parce qu'on aurait pu avoir un bon film. Si, c'est paradoxale avec les griefs que j'ai énoncé ici, mais rien que le fait de mettre des acteurs dans ce film, par exemple, aurait déjà été un bon point. Et aussi un réalisateur, ça n'aurait pas été mal. Bresson[]Robert Bresson
    avait pour habitude de faire jouer des non-acteurs, mais c'était bien car c'était un metteur en scène, et un vrai. Rien que ces points là, avec un effort sur l'ambiance sonore, et la construction du film, en supprimant certaines des paraboles pour aller plus directement aux buts, tenter de renforcer le côté néo-narcissique du personnage versus l'ambiance communautaire de sa génération, accentuer l'esprit "revenchard" par l'augmentation du cynisme. Bref, quelques modifications auraient pu faire un film au moins agréable.
     
  • -Critique du film 8 Femmes par Guns par cineguns, le 28/02/03 à 14:36 - pas de réponses

    8 Femmes
    2002 - 1h 43m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    Suzon rentre chez elle, toute guillerette et pleine d'entrain. Elle retrouve sa sœur, sa mère, sa tante, ses bonnes et son cher papa.

    Problème : papa est mort, la maison est isolée et l'assassin est donc l'une d'elles. Découvrons en chanson ce qui se trame dans la maisonnée.


    Critique
    On me taxera certainement de parti-prit à la vue de la notation généreuse, mais je n'en ai que faire. On m'accusera aussi d'avoir réussi l'exploit du résumé le plus pourri de ces 29 dernières années pour un film, mais je n'en ai que faire. L'histoire est là, elle n'a absolument pas besoin d'être développé.

    Qu'est ce que 8 Femmes ? C'est une petit bijou de cinéma. C'est un film noir, une intrigue policière, saupoudrée d'une comédie musicale. C'est un film tragi-comique, une comédie-dramatique. C'est trop de choses.
    La réalisation d'Ozon[]François Ozon
    - 8 Femmes
    - Sitcom
    est chirurgicale, chaque plan fait preuve d'un bon goût indéniable. L'ensemble n'est pourtant pas très harmonieux au niveau de la photo, puisque certaines scènes semblent complètement ternes, allez savoir pourquoi. Mais la force d'Ozon[]François Ozon
    - 8 Femmes
    - Sitcom
    n'est pas que dans sa réalisation, c'est essentiellement dans sa mise en scène. Il réussi à faire sortir de ses acteurs (actrices en l'occurrence) le meilleur d'eux-mêmes, la quintessence de leur jeu. C'est un marionnettiste dont on ne voit pas les ficelles.

    Comme le dit l'adage, un marionnettiste sans marionnette, c'est aussi intéressant qu'une main. Et là Ozon[]François Ozon
    - 8 Femmes
    - Sitcom
    , malgré sa jeunesse dans le métier, a réussi à se dégoter des marionnettes de tout premier choix. 8 Femmes c'est avant tout 8 actrices. Autant être honnête, en voyant Catherine Deneuve[]Catherine Deneuve
    - 8 Femmes
    au générique je me suis dit "hou pitain ça va pas me le faire du tout". Je me colle encore des baffes au moment où vous lisez la critique (quelque soit ce moment, c'est un effet rhétorique).
    Au début on est un peu "choqué" par la froideur de jeu des actrices, on à l'impression d'une impersonnalité constante et surtout d'un manque d'investissement. Déjà on soupçonne Ledoyen[]Virginie Ledoyen
    - 8 Femmes
    - Fin Août, Début Septembre
    de ne faire que lire son texte, on tente de décrypter vaguement une tentative d'expression dans la visage de Deneuve[]Catherine Deneuve
    - 8 Femmes
    , on trouve la froideur de Huppert[]Isabelle Huppert
    - 8 Femmes
    - Coup de Torchon
    exagérée, on ressent une certaine inexpérience de Ludivine Sagnier[]Ludivine Sagnier
    - 8 Femmes
    - Ma femme est une actrice
    (injustifiée vu au contraire l'expérience de la gamine qui a commencé le cinoche genre à 10 ans), on trouve limite choquante la diction de la bonne Firmine Richard[]Firmine Richard
    - 8 Femmes
    . Bref ça part mal.
    Quelques minutes plus tard on est scotché par la première séquence "musicale". Il faut noter qu'il y a 8 séquences musicales, une pour chaque femmes, et qu'elles s'intègrent parfaitement dans l'histoire. En effet voir pour la première séquence Catherine Deneuve[]Catherine Deneuve
    - 8 Femmes
    battre des bras et agiter le popotin, j'allais dire "à son âge" mais disons plutôt "pour quelqu'un de sa prestance", ça à l'effet formidable d'humaniser l'actrice, et là d'un coup on perçoit un sourire, un regard... bref elle fait passer des expressions.
    Bon je vais pas m'étendre sur toutes les actrices sinon on va y passer la nuit, mais sincèrement aucun des jeux n'est à jeter, c'est du travail de maître d'avoir réuni ces talents, de les avoir fait se rencontrer pour notre plus grand plaisir, et d'avoir su en tirer tout ce qu'il fallait. On notera tout de même deux performances que je trouve un poil au-dessus des autres (mais bon faut vraiment faire la fine gueule) il s'agit d'Isabelle Huppert[]Isabelle Huppert
    - 8 Femmes
    - Coup de Torchon
    , que j'ai trouvé formidable (ai-je déjà dit que sur le lot d'actrice y'en a pas franchement que j'aime bien ?) et Fanny Ardant[]Fanny Ardant
    - 8 Femmes
    qui fout littéralement le feu à la pelloche.

    Et voilà j'ai pas encore parlé du film que ça fait déjà bien long ! Bon je reviens un poil sur les morceaux musicaux qui parsèment le film. Je ne suis franchement pas trop fan des chansons dans les films, force est d'avouer que la plupart ici passent plutôt bien, surtout dans leur rôle de brisure de rythme.

    Passons maintenant à l'essence même du film : son scénario, sa trame, sa narration. Je ne suis hélas pas un grand connaisseur d'Ozon[]François Ozon
    - 8 Femmes
    - Sitcom
    , tout ce que j'ai vu, c'est Sitcom et ça m'avait déjà énormément plu. Là je retrouve quelques éléments communs : remplaçons le rat de Sitcom par le Père de 8 Femmes, et on a quelque chose d'assez voisin, c'est à dire des prises de gueules en continue autours d'un axe. En plus certains côtés glauques se lèvent au fur et à mesure dans 8 Femmes, sans atteindre le niveau de Sitcom toutefois.
    Mais 8 Femmes ressemble surtout à un "Dix petits nègres". D'ailleurs je me demande si c'en est pas une version. Ce jeu de cluedo entre chacune des femmes pour savoir qui est la coupable potentielle rappelle fortement celui des Dix petits nègres.

    Section contenant des spoilers énormes sur le film. Merci de ne PAS lire si vous n'avez pas encore vu le film, de toute façon vous avez déjà lu la seule partie de la critique intéressante. Vous pouvez aller voir le film les yeux fermés (ouvrez les quand même pendant la projo). Voilà c'est dit.

    Maintenant que cet avertissement a été mentionné, je voudrais expliquer pourquoi ça me fait penser au vieux Hercule Poirot, et autres Christie. Non seulement la montée de l'intrigue, avec l'ajout d'éléments nouveau concernant chacun des suspects y fait fortement songer, mais les rebondissements, comme le coup de feu tiré sur la bonne, ajoutent encore plus à cette ambiance. Quant à la "solution", elle est carrément digne des scènes où Hercule Poirot fait son petit cinéma lorsqu'il a fini d'élucider le meurtre (on pourra notamment penser au "crime de l'orient express"). Et le fait que le père ne soit pas vraiment mort est directement tiré des Dix petits nègres (désolé pour ceux qui n'avait pas lu le livre).
     
  • -Critique du film 2001, l'Odyssée de l'Espace par Ghadzoeux par cineguns, le 25/11/01 à 15:01 - pas de réponses

    2001, l'Odyssée de l'Espace
    1968 - 2h 21m


    une critique par Ghadzoeux
     
    Synopsys
    Tout commence par... le commencement, l'aube de l'humanité. Et on retrouve, semés au long du chemin, les monolithes noirs, comme le petit poucet sème ses cailloux pour retrouver son chemin, qui jalonnent l'évolution de l'homme et son accession au stade supérieur de sa conscience. Au passage, même une machine, le super-ordinateur HAL9000, va être touchée par la grâce de la conscience. Apportant son lot de paradoxes et de troubles, ce don va amener HAL9000 à prendre la mission, qui conduit 2 astronautes et 5 scientifiques vers un énième monolithe en orbite autour de Jupiter, en main en éliminant les difficultés : les humains. Dave Bowman, le dernier survivant accèdera tout de même au dernier monolithe et s'ensuivra un voyage initiatique dans… les limbes de sa conscience ou encore les profondeurs du cosmos pour finalement libérer son âme et en faire un être de pensée pure. Point final.


    Critique
    Le premier mot qui me vient à l'esprit est... "perfection". Bon OK, il y a parti pris, je suis féru de SF mais tout de même, KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    signe ici le seul film qui se rapproche autant de ce qu'on peut attendre d'un récit de Science-Fiction. Fable métaphysique et délire visuel, voilà qui résume assez bien le génie de cet oeuvre. Fruit de la collaboration entre Arthur C. Clarke[]Arthur C. Clarke
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    , auteur renommé de Science-Fiction, et Stanley KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    lui-même, le scénario est sans faille, même si la lecture du livre de Clarke[]Arthur C. Clarke
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    s'avère nécessaire par la suite pour éclaircir certains aspects. D'ailleurs notons au passage que dans ce livre le théâtre des opérations passe de Jupiter & Io à Saturne & Japet...

    Le film est découpé en 5 parties assez distinctes et qu'il convient d'analyser séparément.

    Tout d'abord le début avec les primates, partie qui rebute d'ailleurs la plupart des gens, est globalement assez bien réalisé, même les maquillages, pour un film de 1967, sont bluffant. Les prises de vues s'adaptent aux étendues vierges et aux comportements bestiaux de ce conflit entre tribus. Jusqu'à l'apparition du monolithe où même la caméra se fait plus extatique, comme pour participer au désarroi et à la fascination des primates qui accèdent à la conscience, de manière bien subversive d'ailleurs : par les armes.

    Ensuite on fait un bond de plusieurs dizaines de milliers d'années pour se retrouver en 2001 à l'approche d'une station spatiale orbitale. Le temps semble suspendu et le choix de musiques symphoniques, en particulier les valses de Strauss[]Johan Strauss
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    , s'appliquent parfaitement à la situation. A se demander si elles n'ont pas été inconsciemment composées à l'époque pour ça! La réalisation est impeccable, la froideur de l'espace (saupoudrée d'un soupçon de kitsch 70 malgré tout) extrêmement bien rendue (on touchera la perfection dans la 4° partie). Comme tout au long du film, les dialogues sont courts et simples et on à l'impression que chaque mot a été pesé, étudié afin qu'il prenne tout son sens. On sent l'ombre de KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    derrière chaque acteur, comme s'il jouait au travers de chacun des acteurs (pour la plupart d'illustres inconnus comme d'habitude). Ce côté hypnotique renforce d'autant plus l'aura du film. Que dire des effets spéciaux, qui même s'ils datent, font encore autant d'effet que toutes ses armées d'images informatiques qu'on nous sert par paquets 1000 de nos jours.

    Nous nous retrouvons après cela dans ce que je qualifierai de phase de transition. L'intrigue à proprement parler s'installe, laissant planer le mystère sur la "découverte" lunaire. L'ensemble est extrêmement bien desservi par la musique de György Ligeti[]György Ligeti
    - Eyes Wide Shut
    , envoûtante au possible. Je trouve cette partie exclusivement sonore. Entre les sirènes stridentes qui accompagnent les approches du module lunaire et du vaisseau sur la base de Clavius, le son feutré des dialogues dont le contenu semble en complet décalage avec l'importance de la découverte qui les attend, et enfin le cri strident du monolithe émis vers son "confrère" au point de Lagrange entre Jupiter et Io au moment où la lumière du soleil l'effleure après des millions d'années d'enfouissement sous-terrain parachève cette partie magistrale!

    Une coupure nette et on se retrouve dans un vaisseau en partance pour Jupiter (à ce moment du film on ne sait rien de l'objet de la mission, ni de la présence d'un éventuel monolithe). On découvre l'élément déclencheur du problème l'intelligence artificielle HAL9000, fleuron de la technologie, sensé gérer l'ensemble du fonctionnement de base du vaisseau. Les plans en fish-eye rendent oppressante comme il se doit l'ambiance à bord du vaisseau. On peut ressentir l'impression latente de claustrophobie qui pourrait atteindre les 2 seules âmes éveillées à bord, les scientifiques étant en état d'hibernation. Les plans sur l'oeil de HAL donnent cette âme froide que l'on a coutume d'associer aux machines, et puis au fil du délire paranoïaque de cette IA avant l'heure on finit par ressentir de l'orgueil, de la déception et puis finalement de la crainte, cette peur viscérale de mourir quand Dave Bowman met fin aux fonctions avancées du cerveau de HAL. Cette entreprise ne serait rien sans la maîtrise aiguë de KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    de la caméra, des éclairages froids et surtout de l'incroyable précision scientifique qui caractérise le film dans son intégralité. Cette scène ou Dave Bowman part récupérer son défunt coéquipier Frank Poole dans l'espace et où il se voit refuser l'accès du vaisseau par HAL est un pur bijou. Le crescendo des alarmes et autres bips du module spatial soudainement assourdis par l' "espace" font partie de ces éléments qui font l'unicité de ce film dans la pléthore de farces science-fictionnesques que le cinéma n'a pas manqué de nous servir depuis.

    Finalement Dave Bowman achève la mission, seul, et entre en contact avec le monolithe et on sait enfin ce dont il est question... enfin on aimerait car la fin, tout en étant hypnotique, fascinante, elle n'en reste pas moins assez indigeste. Au niveau réalisation, on est dans quelque chose d'assez simpliste mais pourtant diablement efficace! La voyage visuel auquel il nous est donné de participer est d'une qualité sans précédent (et sans suivant d'ailleurs...). Le point final de l'appartement façon chambre d'hôpital est un moment de pure jouissance cinématographique, dans son étrangeté, l'univers sonore déployé et le jeu puissant de Keir Dullea y est pour beaucoup!

    Pour conclure, vous l'aurez compris, ce film est une bête rare, le genre d'expérience qu'il est recommandé de vivre au moins une fois dans sa vie, même si on n'aime pas. Attention ce genre de film ne se regarde surtout pas the TF1 way (comme tous les films d'ailleurs mais là mention spéciale) : on coupe le téléphone, on se barricade, on se cale bien peinard et on savoure!
     
  • -Critique du film 2001, l'Odyssée de l'Espace par Guns par cineguns, le 27/06/99 à 14:59 - pas de réponses

    2001, l'Odyssée de l'Espace
    1968 - 2h 21m


    une critique par Guns
     
    Synopsys
    L'histoire de 2001 est assez difficile à raconter. On a beau avoir vu le film plus d'une fois et lu le livre (en fait les livres qui composent la série des "Odyssées"), il n'en reste pas moins qu'une impression de compréhension personnelle, difficile à partager. Je vais quand même tenter de vous résumer l'histoire.

    Le film s'ouvre sur une période reculée de notre histoire, à savoir la pré-histoire. Nous sommes les témoins d'une scène mettant en jeu deux groupes de primates. La période est relativement peu précise, puisque ces primates sont d'un aspect hominidés, mais ils sont à quatre pattes (j'en parle dans la section "que faut-il en retenir?"). L'arrivée d'un monolithe noir va déclencher plusieurs choses, dont le passage à la position verticale, mais aussi une certaine agressivité ressort du groupe.

    Changement d'époque, changement de moyens. Nous sommes maintenant en 2001, comme le titre nous l'indique, et une mission s'apprète à partir explorer Jupiter. Au passage on découvre un monolithe noir sur la lune, satellite de la terre parfaitement colonisé à cette époque.

    Nous nous retrouvons dans le vaisseau qui ammène une équipe de scientifiques vers Jupiter, et ces derniers sont endormis pour le voyage. Restent deux astronautes à bord : Bowman et Poole, qui sont accompagnés d'un ordinateur qui gère tout, à savoir HAL 9000 (traduit par Carl en VF. Un peu comme si RAM (random access memory) était vendu en France sous le nom de MAA (mémoire à accès aléatoire)!). Nous découvrons alors un ordinateur très convivial, surpuissant, et doté d'une intelligence qui, bien qu'artificielle, n'en est pas moins supérieure.

    Au cours de la mission, HAL perd les pédales, et décide de tuer tout le monde. Seul Bowman s'en sort en débranchant HAL, mais, son destin est plus qu'incertain. En effet, seul dans un vaisseau qui n'a plus aucun contrôle automatique, c'est pas gagné. Quoi qu'il en soit, il décide de poursuivre sa mission, et arrive près d'un monolithe noir, mais celui-ci immense. Il va alors l'explorer. Il est en contact radio avec la terre, et il fait vivre en temps réel ce qu'il ressent.

    La fin est encore plus inracontable que le reste, sur le plan de l'histoire du moins, je vais m'efforcer par contre de la rendre accessible dans la partie suivante.


    Critique
    Avant d'entrer dans une analyse du film et de son sens, on va parler du film techniquement. Il faut en premier lieu rappeler que 2001 est le premier film à utiliser l'informatique pour gérer des effets spéciaux, et que ce film a été réalisé entre 65 et 66, puis le montage a duré 2 ans, pour que finalement le film sorte en 68, c'est-à-dire un an avant que l'homme marche sur la lune pour la première fois. Il faut donc lorsque l'on voit le film le replacer dans son contexte scientifique au niveau de l'exploration de l'espace. Pour en revenir aux effets spéciaux, le film en compte 205, pour la plupart effets visuels travaillés par optique de caméra, et montage. L'ordinateur n'ayant tout de même qu'une place relativement faible dans l'élaboration de ces derniers.

    Le film est dès sa sortie qualifié de space opera. Il va définir d'ailleurs ce genre comme étant à part dans le genre plus général de la SF. Le film de SF du siècle étant pour certains Star Wars, il convient de rappeler que contrairement à ce que certains disent, Star Wars n'est pas un space opera. En essayant de définir le genre, on peut dire qu'un space opera est la transposition d'un opéra dans l'espace. Donc, il doit y avoir une histoire, séparée en acte, où la musique doit transcender les faits et les événements. C'est le cas de 2001. Le film peut en effet être séparé en plusieurs actes, avec le début pré-historique, un milieu séparé en 2 parties, qui sont la préparation du voyage et le voyage en lui-même, et une fin qui peut être considérée sous un double angle : tragique et optimiste.

    La photo du film est un exemple du genre, puisque filmer l'espace n'est pas possible, il s'agit de le re-créer sur terre, et de le rendre crédible. On ne voit pas dans 2001 d'explosions impossibles dans l'espace, on ne voyage pas non plus à une vitesse supérieure à celle de la lumière, d'ailleurs on n'atteint pas celle de la lumière. Le film a bénéficié d'un conseil technique considérable, notamment par des techniciens de la N.A.S.A, Arthur C. Clarke[]Arthur C. Clarke
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    ayant beaucoup de relations avec cet organisme. Le ciel étoilé est magnifiquement rendu, avec notamment le scintillement d'étoiles lointaines respecté, et surtout des différences de luminosités aux approches des planètes, astres lumineux par réflexions solaires.

    Derrières ces détails qui montrent bien l'attention particulière dont le film a fait l'objet, d'autres éléments forcent l'admiration. La musique choisie est parfaitement en adéquation avec le film, à un tel point qu'Ainsi Parlait Zarathoustra, de Richard Strauss[]Richard Strauss
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    , a été banalisé pour un public néophyte en musique classique. Une scène admirable, qu'on peut qualifiée d'anthologie, est l'arrivée de la navette transportant le Dr Floyd à la station orbitale. Cette scène est sans dialogue, et se déroule sur l'air du Beau Danube Bleu de Johan Strauss[]Johan Strauss
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    . C'est alors un ballet spatial qui se déroule sous nos yeux. Le spectacle est renversant. Ce genre de scène légendaire est légion dans ce film. On peut ainsi parler de la scène du début, ou le primate lève son gourdin sur l'air justement d'Ainsi Parlait Zarathoustra.

    Les effets spéciaux sont totalement transparents, et sont juste là pour permettre au film d'avoir une crédibilité supplémentaire. Ils ne sont pas de l'esbrouffe ou du spectaculaire, ils sont juste du réalisme. Après avoir parlé de la musique et de la photo, on s'attarde un peu sur les acteurs, avant d'attaquer la réalisation.

    Les acteurs du films sont comme souvent chez KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    des gens totalement inconnus, du moins du grand public, et pour les premiers rôles. KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    rejoint par cette méthode un grand réalisateur français, Robert Bresson[]Robert Bresson
    . On ferme la parenthèse, et on revient aux acteurs. Leur jeu est sans fautes, mais il faut reconnaître qu'on ne leur demande pas beaucoup. La force du film réside dans son histoire, et dans son esthétique. L'ordinateur HAL a une place très importante dans le film, et le comédien qui lui prête sa voix fait un très bon travail. En effet, il arrive à faire passer des sentiments et des émotions sous une voix monophasique. Essayez pour voir, vous comprendrez l'importance du travail accompli.

    Parlons un peu de la réalisation de KubrickphotoStanley Kubrick
    - Eyes Wide Shut
    - Shining
    - Barry Lyndon
    . La rumeur fait état de doses importantes de LSD qui auraient traînées sur le plateau, et que cette substance serait à la base du génie du film. Si c'est vrai, il serait temps d'en produire en masse et de le légaliser ! Pour être sérieux, la réalisation de 2001 montre tout le talent de KubrickphotoStanley Kubrick
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    , encore une fois avec ses déplacements de caméra très lents, sa gestion de la caméra quand elle prend la place de l'oeil de HAL... KubrickphotoStanley Kubrick
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    - Shining
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    invente réellement un langage de caméra. L'instrument ne sert plus à capturer des images, il nous parle, lui seul. La caméra de KubrickphotoStanley Kubrick
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    pourrait avoir son rôle dans le script et dans le scénario.

    Le brio de KubrickphotoStanley Kubrick
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    réside en sa faculté de visionnaire. Il pense, il sent ce qu'il pense, et pour dire ce à quoi il pense, il visualise la scène possible, brute, puis rajoute autour un esthétisme qui permet de camoufler un message qui serait sinon trop visible et qui perdrait sa saveur. Quand on veut dire quelque chose, souvent on passe par la métaphore, car elle a plus d'impact. KubrickphotoStanley Kubrick
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    est un as de la métaphore.

    En somme nous avons un film techniquement parfait. Dont la narration est impressionnante, par ses changements d'époque, et même ses changements de dimension. Justement, après avoir vu le sucre, voyons le coeur de la friandise.

    Comme je l'ai dit au début de l'histoire, le film débute par une scène assez difficile à définir temporellement. Les primates sont en position accroupie ou à quatre pattes, et passent en position verticale à partir du moment où le monolithe arrive. Ceci pourrait donc correspondre à un passage encore mal défini dans l'évolution humaine, au niveau de la séparation de la lignée humaine avec la lignée des grands singes. La position debout adoptée par les protagonistes se rapproche pourtant plus d'une position homo erectus que d'une position australopithèque. Si je parle de ceci, c'est juste pour essayer de définir l'époque où le monolithe arrive sur terre, c'est-à-dire à peu près il y a 5 millions d'années.

    Le premier élément que l'on peut obtenir du monolithe, c'est qu'on peut le qualifier d'élément renforçateur. C'est-à-dire un élément qui accentue le comportement d'une espèce. L'effet renforçateur se voit très bien quand le primate prend conscience de l'outil. C'est le seul élément qu'on peut obtenir à ce moment du film. Plus tard, lorsqu'on découvre un deuxième monolithe sur la lune, plusieurs questions peuvent se poser : par hasard, la scène de début ne se déroulait-elle pas sur la lune, avant que son atmosphère disparaisse ? Ce genre de question peut-être posée par les enfants dont j'étais la première fois que j'ai vu le film. La deuxième question qui peut se poser est : n'y aurait-il pas un système de relais entre ces deux monolithes ? En effet, le monolithe semble être un instrument créé ou taillé par des êtres vivants. Ne se seraient-ils pas posés sur la lune et sur la terre, puis auraient évolués parmi nous, avec nous ?

    Balayons ces hypothèses, elles sont fausses. Lorsque le vaisseau arrive près du monolithe géant, on se rend compte que HAL pête les plombs. Comment cela est possible pour un ordinateur ? En fait, l'explication la plus logique est la suivante : HAL est un ordinateur "intelligent" dans le sens où il possède des algorithmes qui lui permettent d'avoir une réflexion basée sur des données programmées. A l'approche du monolithe, HAL devient vraiment intelligent. Il prend conscience de son état et on pourrait dire qu'il possède maintenant une âme. C'est cette prise de conscience qui est à la base de sa folie. Un être très intelligent qui apprend qu'il n'est qu'une création d'autrui, qu'il n'a pas de parents (donc pas de racines), qu'il n'est qu'un instrument, sombre dans le doute. Ce doute est ce qui mène HAL à la folie. La scène où Bowman débranche HAL est d'ailleurs bouleversante, puisqu'au fur et à mesure que ses données sont enlevées, HAL "retombe en enfance", il récite les cours que lui apprenaient ses instructeurs. On se prend, nous humain, à avoir de la pitié pour cette machine meurtrière, justement parce qu'elle n'est plus une machine. Il y a de l'injustice à voir qu'un être prend conscience de son existence juste quelques minutes avant qu'on l'assassine. "Être ou ne pas être, là est la question" nous dit Shakespeare[]William Shakespeare
    , mais la question ne s'est pas posée à HAL, on y a répondu pour lui. Si HAL tue tout le monde, ou du moins tente de tuer tout le monde, c'est justement par ce qu'il a peur que cette liberté découverte lui soit retirée. Ce qui se passe. Je ne viens pas de vous faire un plaidoyer pour la défense de HAL, mais je viens de vous expliquer, A MON SENS, pourquoi HAL est fou, et pourquoi cet état de fait n'est pas choquant.

    Bon, vous avez réussi à suivre pour l'instant, c'est bien, mais je ne vous promets rien pour la suite. KubrickphotoStanley Kubrick
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    dit lui-même que 2001 est un film à fin ouverte, qui laisse libre chacun de faire son interprétation. Je ne prétend donc aucunement avoir la vérité, mais juste vous exposer mon point de vue.

    La fin de 2001 est un trip, comme le dit KubrickphotoStanley Kubrick
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    lui-même. Le mot trip dans la bouche du réalisateur peut prendre plusieurs sens : voyage, hallu ou encore feeling. La fin de 2001 la première fois que je l'ai vue, m'a plongé dans un état proche de la cristallisation, et j'ai du attendre un temps indéfini avant de pouvoir faire un mouvement. La fin est en effet extatique et interrogatrice. Quand Bowman part dans son monolithe, il entre en quelque sorte dans un monde parallèle. On ne sait dès lors plus du tout où se trouve la réalité, et le rêve de Bowman. Tous se passe par son discours, et on sait que l'homme se sait condamné, il peut donc très bien nous dire n'importe quoi. Arrêtons d'être parano, et croyons-le. Il entre donc dans un univers parallèle, composé de plusieurs scènes, où Bowman va se rencontrer, et découvrir une autre vérité résidente dans un autre état : il perd le matérialisme humain pour ne plus qu'avoir un spiritualisme divin. Hé oui, il devient une sorte de Dieu. On pourrait même dire après lecture du livre (qui explicite plus cette fin, j'y reviendrai) qu'il est un apprentis Dieu. Pour que les choses soient claires, je vous répète ce que dit KubrickphotoStanley Kubrick
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    de son film quelques années après : "[...] Bowman touche le fond, le cartésianisme qui l'illumine n'est autre que l'imaginaire débordé, pris d'assaut par tant de visions qu'il lui faut une représentation, un point de repère. Sa vie est terminée avant même qu'il ait commencé son voyage. Son inconscient oeuvre pour l'inconscient collectif. Il pénètre Dieu comme Dieu à pénétré les hommes ; il enfante un nouveau soi, une nouvelle croyance que les hommes s'efforceront de déchiffrer". On ne peut être plus clair sur l'avenir de Bowman.

    En fait, c'est vrai que le livre et ses suites explicitent tout ceci, mais par la vision de Clarke[]Arthur C. Clarke
    - 2001, l'Odyssée de l'Espace
    , qui ne saurait être qu'une vision parmi tant d'autres. En s'éloignant du principe philosophique du film, et en revenant à une SF plus "brute", les extra-terrestres doués de pouvoirs immenses sont nos Dieux. Ce sont eux que nous appelons Dieu, Allah, Bouda, Poussah, Zeus... bref, tout le tintouin. Ils ne sont pourtant qu'une espèce parmi tant d'autres dans l'univers. Mais leur savoir leur a permis de se débarrasser du superflu : l'enveloppe, l'écrin qui entoure notre âme. Ils sont devenu des entités à part entière, chacun d'entre eux. Et Bowman est en passe de les rejoindre, il apprend beaucoup, et renaît sous forme d'entité spirituelle (d'où la métaphore de la fin avec le foetus). Ce sont ces extra-terrestres qui avaient, il y a 5 millions d'années, envoyés partout dans l'univers des monolithes, sortent de radio-émetteurs chargés de les avertir si un développement d'une intelligence occurait. Le grand monolithe n'était qu'une porte pour atteindre leur univers. Néanmoins, ces monolithes ne sont pas que des bornes émettrices, mais sont aussi facteurs déclenchant de l'intelligence. On le voit tout au long du film. Cette théorie est très intéressante, si on se rappelle que des peintures rupestres font état d'échelles géantes qui montent vers le ciel, on est en droit de se poser des questions. Si en plus on considère que le départ de la lignée humaine est quelque chose de très floue... Personnellement je ne crois pas aux visites d'extra-terrestres, mais il est évident qu'ils existent, ce serait prétentieux de croire que dans un univers qui comporte tous les atomes qui nous composent, nous soyons les seuls êtres vivants à nous développer. Vous vous rappelez que j'avais parlé plus haut d'une fin tragique et optimiste, vous venez d'en lire les raisons.
     
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